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La rédemption de Tessa, Sylvain Desvaux

«Oubliez les vampires romantiques, invincibles et végétariens, propriétaires de somptueuses maisons victoriennes! Oubliez le dandy de la nuit aux canines pointues, à la cape de velours et à l’âme tourmentée! Découvrez maintenant les soiffards qui s’assument en tant que monstres, hantent les caves des HLM, ne respectent aucun code moral, et font de la mort un jeu. Leurs rêves les hantent à tout jamais. Ils ont bradé leur âme contre la vie éternelle et l’horreur du quotidien. Découvrez Tessa, une fille de la nuit, qui hésite encore à jeter son humanité aux orties. Mais, à la fin de l’histoire, posez-vous une question : le monstre est-il bien celui qui le paraît?»
 
Comment vous dire mon ressenti à propos de cette nouvelle? En un mot? Mortel. 
 
Tessa, baby-sitter, fait irruption chez les Dutilleul pour garder leurs enfants, Sandra et Vincent. Oui mais voilà, Tessa n’est pas tout à fait une baby-sitter ordinaire. Ce n’est pas le genre à raconter des histoires à vos mouflets avant qu’ils s’endorment. C’est plutôt le genre à jouer à la dînette. Sauf que la bouffe, c’est vos enfants.

Tessa est un vampire, mais pas n’importe lequel, puisque c’est elle qui a inventé le «collecteur», un procédé utilisé pour récolter le sang humain. Alors qu’elle pompe gentiment le sang de Sandra, elle est prise de folie, et sa cruauté prend le dessus. Autant vous dire que c’est un carnage.

Qu’est-ce que ça fait plaisir de voir de vrais vampires! Dites adieu aux suceurs de sang niais, avec dix tonnes de gel dans les cheveux, et qui se transforment en boules à facette au moindre rayon de soleil. Place aux tueurs impitoyables. Tessa m’a fait passer par plusieurs émotions : du dégout (le chat de la famille Dutilleul en a pris pour son grade), de la haine (Sandra a passé un sale quart d’heure elle aussi) mais aussi de la tristesse, puisque Tessa est constamment en train de se battre avec son passé. J’ai adoré Mélissa, la copine qui vient à sa rescousse, parce qu’elle est la touche d’humour qu’il fallait au milieu de ce chaos.

Et alors, le summum de l’horreur, c’est la vision de Tessa, qui sans le vouloir, a capté un souvenir de la petite Sandra. Je n’en dirais pas plus pour ne pas gâcher le suspense, mais accrochez-vous. J’en ai eu l’estomac retourné, parce que le monstre n’est pas forcément celui que l’on croit.

C’est noir, c’est violent, c’est glauque, mais étrangement, c’est aussi poétique. Les mots sont bien choisis, tellement «vivants», que j’avais l’impression d’assister à certaines scènes, c’est vous dire.

Je suis conquise vous l’aurez compris. J’avais déjà beaucoup aimé Vienne l’hiver mais surtout j’ai plus qu’adoré Solitude à Crédit. Tellement bouleversant que je n’arrive même pas à écrire mon billet dessus!


En résumé: 
 
La nouvelle est hard core, certes. Mais quel bonheur de voir qu’il existe des auteurs qui ne succombent pas à un effet de mode, et qui brisent les clichés grotesques dont on est constamment entourés. A lire de toute urgence (sauf si vous aimez les chats peut-être…).
 
 
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