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22/11/63, Stephen King

«22 novembre 1963: 3 coups de feu à Dallas.
Le président Kennedy s’écroule et le monde bascule.
Et vous, que feriez-vous si vous pouviez changer le cours de l’Histoire?  
2011. Jake Epping, jeune professeur au lycée de Lisbon Falls dans le Maine, se voit investi d’une étrange mission par son ami Al, patron du diner local, atteint d’un cancer. Une « fissure dans le temps » au fond de son restaurant permet de se transporter en 1958 et Al cherche depuis à trouver un moyen d’empêcher l’assassinat de Kennedy. Sur le point de mourir, il demande à Jake de reprendre le flambeau. Et Jake va se trouver plongé dans les années 60, celles d’Elvis, de JFK, des grosses cylindrées, d’un solitaire un peu dérangé nommé Lee Harvey Oswald, et d’une jolie bibliothécaire qui va devenir l’amour de sa vie. Il va aussi découvrir qu’altérer l’Histoire peut avoir de lourdes conséquences…»
 
Vous le savez, Stephen King et moi, c’est une grande histoire d’amour. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que j’ai aussi une passion pour les Kennedy. Jackie est mon modèle, et l’assassinat de Kennedy, bien que tragique et glauque, me fascine. Etait-ce l’acte isolé d’un déséquilibré (à savoir: Lee Harvey Oswald)? Ou bien un complot de la CIA? Bref, il existe un million de théories, qui ne manquent pas d’entretenir le mystère. C’est l’une des raisons pour lesquelles je me suis jetée sur ce livre, en espérant trouver des réponses. J’avais tort, pas de réponse à l’un des évènements qui a marqué l’Histoire, mais plutôt un véritable voyage dans le temps.
 
Jake Epping est professeur d’anglais dans le Maine. Divorcé d’une femme alcoolique (on reconnait bien le King là), il mène une vie peu palpitante. C’était sans compter son ami Al qui va lui faire une proposition surprenante : faire un voyage dans le passé, en 1958 exactement et sauver le Président Kennedy. Oui mais voilà, Kennedy n’est assassiné qu’en 1963. Jake doit donc patienter 5 ans dans ce monde. 
 
Jake est un personnage très attachant. Son évolution est radicale : hésitant au départ, il cède vite à l’émerveillement de découvrir la vie dans les années soixante. A tel point qu’il adopte vite le personnage qu’il s’est créé (George Amberson) ainsi que la vie et les coutumes de l’époque.  Jake va renaître et s’épanouir dans ce monde, allant même jusqu’à trouver l’amour en la personne de Sadie. La belle Sadie, qui est fraîche et spontanée, mais qui souffre d’un premier mariage raté. Et qui devra en payer les conséquences, un jour ou l’autre. Il y a une foule de personnages dans ce roman, il serait beaucoup long de tous vous les détailler. Je rajouterais juste que j’ai beaucoup aimé Harry, le concierge du lycée (en 2011) et Al, bien évidemment. Et que j’ai littéralement détesté Oswald, dont le principal loisir est de cogner sa femme.
 
La première partie du livre est consacrée à la mise en place de l’intrigue. Jake décide de vérifier par lui-même l’efficacité des voyages dans le temps, en allant sauver la famille d’Harry d’un terrible massacre. J’ai adoré ce passage d’ailleurs, non seulement parce que c’est sanglant (c’est donc du King tout craché) mais aussi parce que c’est touchant de voir Jake risquer sa peau pour son ami.
 
La deuxième partie se concentre sur les 5 ans que passe Jake dans les années soixante. C’est sur cette partie que certains pourraient déplorer quelques longueurs. On découvre la nouvelle vie de Jake, entre ses cours d’anglais et ses surveillances d’Oswald. C’est vrai que la traque d’Oswald n’est pas ce qu’il y a de plus passionnant : c’est un homme assez ennuyeux et violent. Je dirais même que cela contribue à ralentir le rythme de temps en temps. Mais pour moi, rien de bien méchant. Parce que c’est là le gros point fort de ce livre. Stephen King retranscrit cette période à merveille. L’Amérique qui se prend de passion pour le madison et le twist, mais aussi pour le style de Jackie et Martin Luther King, le tout sur fond de Guerre Froide. Mais l’Amérique dans les années soixante, encore puritaine et raciste, se scandalise de la liaison entre un homme et une femme non mariés, ou s’insurge lorsque qu’un noir fréquente les mêmes lieux qu’un blanc. Stephen King ne laisse rien passer, que ce soit le bouillonnement culturel de l’époque, ou les travers de cette société, échappant ainsi au «c’était mieux avant». 
 
Enfin une troisième partie, qui nous livre le final et les coulisses de ce jour de 1963, que Jake tente à tout prix de modifier. Quitte à y laisser la vie, à perdre tout ce à quoi il tenait, y compris Sadie. Les quelques jours avant que Kennedy ne se fasse abattre sont méticuleusement décrits, ce qui n’a fait qu’augmenter le suspense (et mon stress par la même occasion). Je ne spoilerai point ici, donc loin de moi l’idée de vous révéler si oui ou non, Jake a pu sauver JFK. Mais la fin m’a beaucoup émue je dois dire. 
 
King explore ici l’effet papillon, bien connu de tous. Modifier le cours de l’histoire, d’une façon aussi radicale que celle prévue par Jake aura bien entendu de lourdes conséquences. Comme le martèle Stephen King tout au long du récit : le passé est tenace, et ne veut pas être changé. On y ajoute l’ambiance si particulière des petites villes américaines de l’époque (je pense là à Derry et Dallas, qui sont limite toxiques), et on se retrouve avec une atmosphère parfois pesante.
 
L’écriture de Stephen King est comme d’habitude captivante. On ne peut que reconnaitre son immense travail de documentation sur les années soixante. Malgré le pavé (900 pages et des poussières), on ne peut lâcher ce roman (quitte à se péter le dos en le trimballant partout dans son sac à main).
 
En résumé: 
 
Jake Epping a décidé qu’il ne rentrerait pas en 2011 à la page 463 du livre. J’ai décidé que j’aimerais ce livre de toutes mes forces à la page 17.
  
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Docteur Sleep, Stephen King

«Danny Torrance a grandi. Ses démons aussi… Hanté par l’idée qu’il aurait pu hériter des pulsions meurtrières de son père Jack, Dan Torrance n’a jamais pu oublier le cauchemar de l’Hôtel Overlook.
Trente ans plus tard, devenu aide-soignant dans un hospice du New Hampshire, il utilise ses pouvoirs surnaturels pour apaiser les mourants, gagnant ainsi le surnom de «Docteur Sleep», Docteur Sommeil.
La rencontre avec Abra Stone, une gamine douée d’un shining phénoménal, va réveiller les démons de Dan, l’obligeant à se battre pour protéger Abra et sauver son âme…» 
 
Danny Boy a bien grandi. Curieuse de voir l’homme qu’il est devenu, j’ai découvert (sans surprise) un alcoolique. Like father, like son. Dan a clairement une vie misérable, entre alcool et coups d’un soir. Cependant, j’ai aussi découvert un homme qui prend conscience de ses démons intérieurs, et qui décide de changer de vie. J’ai comme l’impression que Stephen King essaye ici de régler une bonne fois pour toute ses problèmes liés à l’alcoolisme. Et il y arrive avec brio pour moi! J’ai adoré le personnage de Dan, qui, hanté par ses remords et par l’ombre de l’Overlook qui plane sans cesse au-dessus de lui, utilise son Don pour s’occuper des mourants. Il réapprend petit à petit à vivre, et à donner aux autres (alors qu’il avait plutôt tendance à voler…). Son quotidien est désormais rythmé par les réunions aux AA, et son travail à l’hospice. Jusqu’à ce qu’Abra entre en contact avec lui. Abra est elle aussi dotée du Don. Mais elle le cache et l’étouffe pour ne pas inquiéter ses parents. Le jour où elle est «témoin» d’un affreux meurtre, elle comprend qu’elle ne peut plus ignorer son Don. Abra, qu’on voit grandir, est une fille intelligente et forte, mais on ne peut s’empêcher de vouloir la protéger, comme on a voulu protéger Dan quand il était petit. La relation qu’elle entretient avec Dan, surnommé affectueusement «Oncle Dan», est très belle. Dan tente de la protéger du mal qui la menace, et Abra lui redonne le sourire. J’ai beaucoup aimé voir le lien qui tisse peu à peu entre eux. Stephen King mise ici sur le côté sentimental, et j’adhère complètement. Vous l’aurez compris, du côté des personnages principaux, je n’ai rien à redire. 
 
Cependant dans l’ensemble j’ai trouvé l’intrigue peu prenante et convaincante. Je n’ai pas retrouvé ce qui me plaisait tant dans les livres de Stephen King : la peur, le surnaturel, l’horreur et j’en passe. Au final, tout ce qui a contribué à la renommée de l’auteur n’était pas vraiment présent. Pas terrible donc pour le livre annoncé comme la suite du magnifique Shining. Le King se ferait-il vieux? Pas si sûr finalement! L’idée du clan Nœud Vrai, un nouveau genre de vampires, qui parcourt le pays à la recherche non pas de sang frais, mais d’un autre goûter (suspense, je ne dirai rien) est originale, je l’avoue. Mais cela n’a pas suffi à me tenir en haleine. Peut-être parce que le début du roman est un peu «flou», on ne sait que peu de choses sur eux, j’ai eu un peu mal à rentrer dans l’intrigue donc. Et pas plus curieuse que ça, en fait. 

Bref, je me rends compte maintenant que j’ai lu ce livre juste pour avoir des nouvelles de mon Danny Boy… C’est peut-être pour ça que je suis passée à côté du reste!   

Le livre alterne les chapitres avec Dan, Abra, et le Nœud Vrai. Si les parties de Danny et Abra ont été mes préférées, celles sur le Nœud Vrai m’ont pas mal ennuyée (vous savez pourquoi maintenant). Heureusement, l’histoire finit quand même par se rejoindre, mais c’est vrai que ça a rendu le tout un peu lourd à digérer. Ajoutez cela à quelques longueurs, j’avoue avoir trainé des pieds pour tourner les pages. Évidemment, j’ai plus qu’adoré les allusions à Shining (Jack et Wendy, l’Overlook, Dick Hallorann etc), qui sont très bien amenées tout au long du roman. Et finalement la solution est là: c’est peut-être Shining que j’aurais dû (re)lire!
 
En résumé:
 
6 ans après le terrifiant Shining, le King tente de nous écrire une suite, maladroite à mon avis. Une déception donc, mais pas de panique: Stephen et moi, ce sera toujours le grand amour. 
 
 
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Cujo, Stephen King

«Cujo est un saint-bernard de cent kilos, le meilleur ami de Brett Camber, un gamin de dix ans. Un jour, Cujo chasse un lapin qui se réfugie dans une sorte de petite grotte souterraine habitée par des chauves-souris. Ce qui va arriver à Cujo et à ceux qui auront le malheur de l’approcher constitue le sujet du roman le plus terrifiant que Stephen King ait jamais écrit. Brett et ses parents, leur voisin Vic Trenton et sa femme Donna –un couple en crise-, Tad, leur petit garçon, en proie depuis des semaines à des terreurs nocturnes : tous vont être précipités dans un véritable typhon d’épouvante, un cauchemar nommé Cujo…»
 
Stephen est probablement l’auteur que j’ai le plus chroniqué sur le blog. Et pourtant, j’ai eu du mal à écrire mon avis sur Cujo. Après moult tentatives, j’ai lâché l’affaire. Et puis non, je suis une warrior/princesse guerrière (et je n’ai pas les chevilles qui enflent…), alors je m’y suis remise! Car le livre m’a bien plu. 
 
Cujo a l’air aux premiers abords d’un gros toutou adorable. Aux premiers abords seulement, parce dès qu’il contracte la rage, on comprend vite le délire. Je ne suis pas entièrement d’accord pour qualifier ce livre de «roman le plus terrifiant», parce que certes, ce roman ce n’est pas «Martine promène son chien au parc», mais quand même. Ce n’est certainement pas le livre de King qui m’a le plus terrifiée, même s’il flirt avec le surnaturel: impossible de savoir s’il y a vraiment un monstre dans le placard de Tad? Moi je dirais oui (j’ouvre les paris s’il y a des intéressés).
 
L’histoire tourne autour de deux familles en crise, les Camber et les Trenton. C’est aussi ça que j’aime bien chez Stephen King. Il n’y a pas que du glauque et de l’hémoglobine en veux-tu en voilà. Les personnages sont bien creusés, leurs problèmes sont tellement banals (la femme qui trompe le mari par exemple) qu’on se sent proche d’eux. L’intrigue met un peu de temps à se mettre en place, mais quand les personnages vous plaisent, on s’en rend à peine compte. 
 
J’avoue quand même avoir eu (très légèrement) peur. Je m’explique. Cujo, qui vient de faire de deux types son repas, décide de s’attaquer à Donna et Tad, pris au piège dans leur voiture. Et là, je dois dire que les passages qui les concernent m’ont fait flipper. Omg, imaginez le topo. Vous êtes coincée dans votre vieille voiture qui refuse de démarrer (votre garagiste vient de se faire massacrer, by the way), avec votre petit garçon (trop cute, évidemment). Et un énorme saint-bernard enragé, qui veut vous bouffer, attend patiemment que le soleil et la chaleur vous rôtissent. Sympa le barbecue… On ne peut que se douter que la fin sera sanglante et tragique. Et elle l’est! A chaque fois, j’ai espoir, et à chaque fois, je me fais avoir!
 
Le vrai plus de ce roman, c’est que Stephen King nous livre les pensées de Cujo. C’est assez inhabituel puisque c’est un animal. Mais j’ai trouvé ça original. On comprend que Cujo a un bon fond, il n’a pas vraiment envie de faire du mal aux hommes, mais la rage le rend complètement marteau, c’est plus fort que lui. 
 
En résumé :
 
Ma chronique est pourrie, je ne comprend pas pourquoi je rame autant pour l’écrire! Mais lisez-le si vous pouvez, il est cool!
 
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La Ligne Verte, Stephen King

«Paul Edgecombe, ancien gardien-chef d’un pénitencier dans les années 1930, entreprend d’écrire ses mémoires. Il revient sur l’affaire John Caffey – ce grand Noir au regard absent, condamné à mort pour le viol et le meurtre de deux fillettes – qui défraya la chronique en 1932. La Ligne verte décrit un univers étouffant et brutal, où la défiance est la règle. Personne ne sort indemne de ce bâtiment coupé du monde, où cohabitent une étrange souris apprivoisée par un Cajun pyromane, le sadique Percy Wetmore, et Caffey, prisonnier sans problème. Assez rapidement convaincu de l’innocence de cet homme doté de pouvoirs surnaturels, Paul fera tout pour le sauver de la chaise électrique.» 

La ligne verte n’est plus à présenter je crois. Stephen King a écrit ce roman en 1996, sous la forme d’un roman-feuilleton, découpé en six épisodes. A chaque début d’épisode, on retrouve Paul, âgé, qui nous raconte ses souvenirs depuis la maison de retraite.

J’ai adoré Paul. Franchement, je le trouve admirable. Il a quand même un travail difficile, il côtoie des criminels de la pire espèce, et pourtant il les traite avec humanité. Tout le contraire de ce petit merdeux de Percy (pardon, mais il le mérite tellement), dont le passe temps préféré est d’humilier et martyriser les détenus. On observe Paul qui évolue, il croit d’abord que les faits reprochés à Caffey sont vrais, mais petit à petit, on le voit changer d’avis. Il va se démener pour essayer de le sauver.

 
John Caffey. Cet homme est un ange, dans tous les sens du terme. Au premier abord, Caffey peut faire peur. Le bonhomme mesure deux mètres, et doit peser un quintal (au bas mot). Et pourtant, il est doux comme un agneau, et simplet. En clair, il n’a pas inventé l’eau chaude (Ou tiède? Ou froide? C’est quoi l’expression déjà?) mais il est tellement adorable. Le passage où il avoue avoir peur du noir m’a achevée. J’avais envie de lui faire un câlin pour le rassurer, même si dès le début, on sait que c’est fichu pour lui. J’ai lu quelque part que King, à travers le personnage de Caffey, représentait en fait Jésus Christ, qui reviendrait sur terre pour être reconnu. Honnêtement, je n’en sais rien. Je sais juste que Caffey est la bonté incarnée, et ses actes relèvent du miracle.
 
Évidemment, Stephen King ouvre la voie à une réflexion sur la peine capitale et la ségrégation. Je n’entrerai pas dans le débat (j’ai déjà donné avec les cours de philo, d’histoire géo et autres réjouissances scolaires). Mais quand même, on se remet en question des fois en lisant ce livre. Je veux dire, Paul garde son calme et son coté humain face à des violeurs et des tueurs, du style Wharton, j’ai nommé le pire représentant de l’espèce humaine. Personnellement, je ne sais pas si j’aurais cette force. Je n’irais pas jusqu’à faire comme cette brute de Percy (c’est le diable ce type, j’avais envie de l’étriper), mais ça doit être chaud patate de travailler là. Bon je dis ça, j’ai quand même pleuré pendant trois heures après avoir lu l’exécution de Delacroix. Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir de la peine pour lui. Mais c’est à cause de cette satanée souris qui vient mettre un peu de gaieté dans le bloc E. Pour faire court, Delacroix et Mister Jingles (c’est la souris) sont BFF, mais au moment de passer sur la chaise, ils doivent bien se dire adieu. Ça m’a brisé le cœur. Comme vous le voyez, on sort bouleversé de cette lecture, c’est dur de s’en remettre! J’en ai encore le cœur serré quand j’y pense.
 
La fin est bouleversante. Je ne crois pas que ça ait été clairement dit dans le livre, mais j’ai l’impression que Paul a été puni pour avoir sacrifié un ange comme Caffey. En tout cas, son secret avec Mister Jingles est très touchant.
 
En résumé : 
Sans doute l’histoire la plus poignante que je n’ai jamais lue, et les thèmes abordés sont malheureusement toujours d’actualité. Le coté fantastique passe tout seul. Je suis à deux doigts de vénérer Stephen King, parce que même quand il s’écarte de son univers habituel, il nous écrit l’histoire la plus extraordinaire du monde! Préparez les mouchoirs et lisez le absolument! 
 
 
Le film de Frank Darabont, avec Tom Hanks (Paul Edgecombe), et Michael Clarke Duncan (John Caffey) est excellent. Il est très fidèle au livre, et les acteurs sont parfaits. 
 
 
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Marche ou crève, Stephen King

«Mieux que le marathon… la Longue Marche. Cent concurrents au départ, un seul à l’arrivée. Pour les autres, une balle dans la tête. Marche ou crève. Telle est la morale de cette compétition… sur laquelle une Amérique obscène et fière de ses combattants mise chaque année deux milliards de dollars. Sur la route, le pire, ce n’est pas la fatigue, la soif, ou même le bruit des half-tracks et l’aboiement des fusils. Le pire c’est cette créature sans tête, sans corps et sans esprit qu’il faut affronter : la foule, qui harangue les concurrents dans un délire paroxystique de plus en plus violent. L’aventure est formidablement inhumaine. Les participants continuent de courir en piétinant des corps morts, continuent de respirer malgré l’odeur des cadavres, continuent de vouloir gagner en dépit de tout., Mais pour quelle victoire?»
 
Ray Garraty a 16 ans et participe à la Longue Marche, avec 99 autres concurrents. Un seul doit gagner, pour les autres, pas besoin de vous faire un dessin quant au sort qui leur est réservé.
 
Garraty s’est engagé dans cette course sans trop savoir pourquoi (faut vraiment avoir envie), j’ai eu l’impression que le pactole promis ne l’intéressait même pas… Quête existentielle ? Ennui ? En tout cas, j’ai eu un peu de mal à cerner sa personnalité. J’ai l’impression qu’il ne sait pas trop où se placer dans un groupe (je suis convaincue que le mâle alpha, ce n’est pas lui). Et ce qui m’a choqué, c’est qu’il n’a même pas la rage de gagner! Quel est l’intérêt de se lancer dans une marche où les avertissements te pleuvent dessus sans arrêt, où les militaires dégainent leurs fusils en une fraction de seconde, où tu vois tes copains se faire descendre, et où tu MARCHES day and night, si tu n’es même pas motivé par quelque chose?! Garraty a eu envie de gagner pour la première fois à la page 312. Le roman fait 346 pages, c’est normal apparemment. J’ai donc détesté ce trait de sa personnalité, trop mollasson et fadasse à souhait.
 
L’histoire en général me plaît beaucoup. Le principe de la Longue Marche est bien trouvé. J’adore les histoires où un seul peut en sortir vivant (je ne commence même pas à vous parler d’Hunger Games, parce que sinon, on ne m’arrête plus), sur fond de répression et de révolte. On assiste au calvaire des marcheurs, et bonjour la torture! Les pieds déchirés, les crampes, la faim, la soif, et j’en passe des pires, on comprend que les marcheurs ont vraiment du courage. Les descriptions sont tellement réalistes que ça fait froid dans le dos, certains passages m’ont dégoûtée (mémo : ne plus jamais lire à table). L’ombre du commandant, qui dirige la marche, plane sur les concurrents, ils en ont peur mais ils l’admirent en même temps. La constitution du groupe est plutôt classique finalement, on trouve le rigolo, le casse-pied de service, la loque qui est à la traîne, etc. Certains personnages sont détestables (j’avais envie qu’ils meurent sur le champ, c’est pour vous dire), et d’autres sont attachants, presque attendrissants.
 
Un autre point important du livre, c’est la foule. La Longue Marche est filmée, et les spectateurs peuvent les encourager sur la route. C’est incroyable cette curiosité malsaine et morbide des gens pour ce genre d’événements. Ils viennent observer, huer, encourager les participants, ils se délectent de leur malheur, c’est assez perturbant. Garraty se sent pousser des ailes quand la foule l’acclame, même si ça ne l’a pas empêché de nous péter une durite, deux fois.
 
J’ai quand même regretté de ne pas en savoir plus sur la Longue Marche. On ne sait pas pourquoi elle existe, et jusqu’à la toute fin du livre, on ne connaissait pas les modalités pour y participer. On les découvre à la fin, lorsqu’un marcheur raconte son inscription à la Longue Marche. Je suis curieuse de nature, donc je me suis posée pleins de questions. Alors à moins de n’avoir rien compris à l’histoire, je n’ai pas eu les réponses espérées, c’est dommage. Et la fin, mais WTF ? Je me suis coltinée les 346 pages pour ça ? Vraiment déçue, parce que même si la lecture n’est pas difficile en soi, ce n’était pas non plus une partie de plaisir.
 
En résumé :
 
L’histoire de base me plaît beaucoup, le concept est génial. Mais le personnage principal est fade, presque sans intérêt. On se pose 1000 questions dont on n’aura jamais la réponse, et la fin est plus que décevante. Je suis très déçue pour du Stephen King. 
 
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Misery, Stephen King

«Misery, c’est le nom de l’héroïne populaire qui a rapporté des millions de dollars au romancier Paul Sheldon. Après quoi il en a eu assez et il a fait mourir Misery pour écrire enfin le « vrai » roman dont il rêvait. Mais il suffit de quelques verres de trop et d’une route enneigée, dans un coin perdu, pour que tout bascule… Lorsqu’il reprend conscience, Paul est allongé sur un lit, les jambes broyées dans l’accident. Sauvé par une femme, Annie. Une admiratrice fervente. Qui ne lui pardonne pas d’avoir tué Misery. Et le supplice va commencer.» 

Qui ne rêverait pas d’avoir son écrivain préféré rien que pour soi (la séquestration et la torture en moins, of course) ? Vous en rêvez, Annie Wilkes l’a fait. A la suite d’un accident de voiture, Paul Sheldon, écrivain reconnu, est recueilli par Annie Wilkes, son admiratrice number one et qui va jouer les infirmières pour lui (et pas le style d’infirmière qu’on aimerait jouer avec Damon Salvatore…). Annie découvre alors le nouveau manuscrit des aventures de Misery, son héroïne préférée, et l’accueille très mal: et oui Misery tire enfin sa révérence ! Annie demande alors à Paul de réécrire l’histoire. Et le cauchemar commence ! Séquestré, torturé (mention spécial pour le pied en moins), accro aux médocs, Paul va vivre un véritable enfer ! Heureusement, les flics mènent l’enquête, et tentent de savoir ce qu’il est advenu du célèbre écrivain. Bon, l’un d’eux a fini en charpie (Annie prend un malin plaisir à le réduire en bouilli, yummy) donc clairement, il n’a pas eu de chance celui là. En parallèle, on suit l’histoire réécrite de Misery, tapée à la machine à écrire. J’ai trouvé ça agréable, ça nous laisse des moments de répit (et il en faut), et en même temps, on suit Paul dans sa création littéraire.

Annie, mais quelle psychopathe celle là. Je crois que je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi dingue. Elle change d’humeur en deux secondes, se met dans des colères incroyables. Tueuse sans pitié, maniaco-dépressive, on apprend qu’elle n’en est pas à son premier coup d’essai niveau meurtres. Bref, un personnage dangereux, dont le comportement va crescendo dans la folie. Et Paul, qui essaye de jouer avec ses sautes d’humeur, de la manipuler, il aurait mieux fait de s’abstenir, vu ce qu’Annie lui réserve!

 
Quant au dénouement, glauque, sanglant à souhait (tout ce que j’aime). Du pur génie je vous dis! Avec seulement deux personnages (ou presque), et juste une maison pour principal lieu de déroulement du récit, Stephen King fait très fort. On est tenu en haleine jusqu’au bout.
 
En résumé :
 
Un excellent thriller psychologique! A la fois brillant et terrifiant ! L’ambiance huis clos rajoute pas mal de tension, on se sent prisonnier avec Paul. Comme quoi, pas besoin de fantastique, de monstres surnaturels pour faire peur.
 
Petit aparté pour dire que Kathy Bates est juste amazing dans le film de Rob Reiner, elle a quand même reçu l’Oscar de la Meilleure Actrice pour son rôle d’Annie Wilkes, rien que ça!
 
 
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