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Les disparues de Juárez, Sam Hawken

index« Ciudad Juárez, Mexique. On y échoue quand on n’a plus rien à perdre, comme Kelly Courter, boxeur minable qui survit tout juste entre combats truqués et petit trafic de marijuana. Seule lueur dans sa morne existence : Paloma, pasionaria de la cause des femmes disparues, avec qui il entretient une liaison. On y reste par désespoir, comme Rafael Sevilla, vieux flic alcoolique et veuf, jamais remis de la disparition inexpliquée de sa fille. Bientôt, Paloma se volatilise à son tour et son compagnon est accusé d’assassinat. Rafael se lance dans une enquête de tous les dangers au cœur des bas-fonds mafieux mais aussi auprès de ces nantis pour qui les femmes ne valent guère mieux que du bétail… »

Je ne le cache pas, quand j’ai vu ce livre à la librairie, j’ai sauté dessus. La couverture m’a tapée dans l’œil, et surtout le bandeau qui annonçait «Inspiré de faits réels: 400 femmes assassinées à Juárez». Quoi de mieux pour préparer son voyage que de lire un fait divers sordide sur des disparitions en masse de jeunes femmes?

Pour vous situer un peu les faits, le livre traite de la disparition de plus d’un millier de femmes depuis 1993, dans la ville de Juárez, près de la frontière Mexique/Etats Unis. L’histoire est souvent la même: les jeunes femmes sont enlevées sur la route des maquilladoras, où la majeure partie de la population travaille. Près de 400 corps ont déjà été retrouvés. Je vous épargne les détails ignobles à propos de l’état dans lequel elles ont été retrouvées. Quelques arrestations ont été faites, mais rien de retentissant, et pour cause: la corruption et la mafia locale font la loi. Face à l’impunité qui règne à Juarez, les familles des victimes et les associations locales parviennent à attirer l’attention d’Amnesty International, des Nations Unies et de la Cour interaméricaine des Droits de l’Homme, qui somment le gouvernement Mexique de faire son devoir. En vain, puisque des femmes, toujours plus jeunes, continuent de disparaitre régulièrement (jusqu’à un enlèvement par semaine). L’affaire est très connue, et Juárez est réputée pour être la ville la plus violente du monde. Sympa comme publicité…

Si vous avez envie d’en apprendre davantage sur le sujet, je vous invite à regarder le film Les oubliées de Juárez, avec Jennifer Lopez et Antonio Banderas.

Pour en revenir au livre, je suis très très TRES déçue. Je l’ai trouvé limite mauvais. Mais pourquoi donc? Question pertinente, j’y arrive.

Kelly Courter est un boxer américain raté, réfugié à Juárez. Il mène une vie minable dans les bas-fonds de la ville, et entre deux combats clandestins, il participe à un petit trafic d’herbe pour survivre, avec l’aide de son meilleur ami Esteban. Heureusement, il peut compter sur Paloma, sa petite-amie et sœur d’Esteban, pour prendre soin de lui. Jusqu’à ce qu’elle disparaisse subitement. Kelly sera le premier suspect, et va devoir affronter les méthodes plus qu’inhumaines de la police mexicaine.

Je ne me suis attachée à aucun des personnages. Kelly qui aurait pu être un personnage tellement touchant m’a laissée –presque- de marbre. Ok, sa descente aux enfers est glauque et triste, et la séance de torture qu’il subit est abominable. Mais ça s’arrête là. Je trouve ça dommage parce que j’aurais pu adorer un personnage comme Kelly. Paloma est une femme à fort caractère, ce qui est appréciable, mais là encore, il y a quelque chose qui ne passe pas. J’aurais aimé en savoir plus sur son travail et son combat pour les femmes disparues. Même chose pour Sevilla, le flic en charge de l’enquête, qui pourtant a perdu sa fille dans des circonstances similaires. L’auteur a mis énormément de distance entre ses personnages et les lecteurs. Le fait qu’ils disparaissent tous très vite n’aide pas non plus.

Mais là où j’ai été le plus déçue et frustrée, c’est au niveau de l’intrigue. Le livre fait environ 400 pages, mais il ne se passe rien de notable pendant les trois quarts de l’histoire. Je me suis très vite lassée. Kelly comate à partir de la moitié du livre, Paloma disparait dès les premiers chapitres, et il ne reste que Sevilla, qui ne sert à rien. La solution lui tombe du ciel, facilement. Pour la subtilité et la finesse, on repassera. La réponse à ces enlèvements me plaisait pas mal, même si un peu banale au final. C’est dommage qu’elle soit bâclée en quelques pages. J’aurais aimé suivre une véritable enquête, avec des rebondissements, des faux suspects et des cliffhangers à chaque fin de chapitre. C’est raté. Pour le coup, une enquête bien classique ne m’aurait pas dérangée, bien au contraire.

Je dois dire que le style de l’auteur m’a perturbée. A mi-chemin entre un documentaire et un roman, j’ai eu du mal à m’accrocher. Je me suis sentie à des kilomètres de l’histoire. J’ai quand même trouvé un point positif à ce livre. Le récit est entrecoupé par des phrases en espagnol, qui rendent le tout réaliste.

En résumé:

Mon avis est peut-être un peu confus, mais il traduit exactement ce que je pense de ce livre. Une belle déception.

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