Tag Archives: S.j Watson

Avant d’aller dormir, S.J Watson

1383983-gf« A la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent. »

A la suite d’un accident, Christine est atteinte d’une forme grave d’amnésie. Chaque matin, elle se réveille sans le moindre souvenir de sa vie passée. Envolée sa jeunesse. Elle se découvre mariée à Ben, sans enfant ni travail, vivant dans une belle maison, mais sans aucun souvenir d’avoir vécu une vie. Alors chaque matin, Ben lui explique inlassablement la vie qu’elle a ratée, et lui fait visiter leur maison. C’est leur petite routine. Mais c’était sans compter le Dr Nash, qui suit secrètement Christine en thérapie, qui l’appelle tous les matins pour lui demander d’aller lire son journal intime. Un journal intime que tient Christine, pour graver les souvenirs de ces journées, qu’elle oubliera dès le lendemain. Un journal intime dangereux, dans lequel elle a écrit de ne faire confiance à personne.

Christine est bouleversante. Elle se bat pour retrouver son passé, injustement volé. C’est une femme très touchante, et qui a relativement la tête sur les épaules, compte tenu de son état. J’ai eu énormément de peine pour elle. Je n’imagine même pas la peur qu’elle doit ressentir, en se levant le matin sans reconnaitre l’homme allongé à côté d’elle, ou son propre reflet dans le miroir. Elle découvre une vie qu’elle ne pensait pas avoir un jour. Le douloureux constat de ne pas avoir d’enfant, de pas être devenue écrivain comme elle le rêvait, s’impose à elle. Elle pourrait facilement se laisser détruire par ce vide et ce manque qu’elle ressent. Mais son désir de réponse est plus fort que tout, alors elle s’accroche de toutes ses forces à son journal.

Quant aux deux autres personnages principaux, Ben, le mari de Christine, et le Dr Nash, j’ai eu du mal à les cerner. En fait, j’ai changé d’avis sur eux à peu près 34859 fois. Chacun essaye de protéger Christine à sa façon. Ben inspire la confiance, il s’occupe tellement bien de sa femme. Chaque jour, il lui explique les mêmes choses, sans jamais se lasser. Si ce n’est pas de l’amour! Le Dr Nash semble lui aussi se préoccuper de sa patiente. Plus jeune qu’elle, il étudie son cas et cherche un moyen d’améliorer sa mémoire, à défaut de la lui rendre complètement. Et pourtant, l’auteur laisse trainer des incohérences et sème le doute sur les deux hommes présents dans la vie de Christine. Impossible de se fier à l’un comme à l’autre.

Une bonne partie du livre retrace les journées de Christine depuis qu’elle tient son journal. Dès les premières pages, on plonge alors dans son quotidien vide de souvenirs. Les révélations s’enchaînent, et à chaque fois, je suis tombée de haut. A CHAQUE FOIS. S.J Watson a le don de m’embrouiller le cerveau, de le retourner, de l’écrabouiller, et d’en faire de la purée. L’auteur est passé maitre dans l’art de la manipulation. Entre fausses pistes, cauchemars et souvenirs, la tension psychologique s’installe. Et ne vous quitte plus. De quoi devenir parano.

J’ai retenu ma respiration à la fin. Pas tellement pendant la confrontation entre Christine et le/la responsable de ses malheurs (j’essaye ne pas vous spoiler), parce qu’en réfléchissant, c’est la partie du livre qui m’a le moins intéressée. C’est surtout le moment où Christine remet les pièces du puzzle en place, et comprend enfin ce qu’il s’est passé, qui est effroyable. J’ai serré le livre tellement fort dans mes mains que mes jointures en sont devenues blanches. Un stress incroyable, j’ai eu du mal à m’en remettre, et à partir de là, je m’en fichais presque de savoir si Christine allait sortir vivante de cet enfer.

S.J Watson a vraiment du talent. Raconter sans arrêt la même journée aurait pu vite tourner à la catastrophe et à l’ennui le plus total. Et pourtant, aucunes des journées de Christine ne se ressemblent. Le thème de l’amnésie, qui est quand même vu et super revu, est très bien traité, avec la bonne dose de charabia technique (la science et moi, ce n’est pas trop ça en général). Le style y est aussi pour quelque chose. Les phrases sont percutantes, et m’ont glacé le sang. A noter quand même que l’auteur est un homme! J’étais persuadée que seule une femme pouvait présenter aussi justement les tourments de Christine. J’avais tout faux.

En résumé :

Avant d’aller dormir est un excellent thriller psychologique. L’un des meilleurs pour moi. A lire de toute urgence!

It's only fair to share...Email this to someoneShare on FacebookTweet about this on TwitterPin on PinterestShare on Tumblr