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Phèdre, Racine

Vous me connaissez, j’en fais toujours des tonnes. J’adore ça même. Alors les tragédies grecques, c’est forcément fait pour moi!
 
Pour ceux qui ne connaissent pas, Phèdre est mariée à Thésée, roi d’Athènes. Thésée a un fils, Hippolyte, de son union avec Antiope. Ce qui fait que Phèdre est la belle-mère d’Hippolyte (bravo j’ai bien suivi). Pas de chance pour tout ce petit monde, Phèdre craque pour Hippolyte. Akward. Je sais, c’est limite incestueux. Et comme si ce n’était pas assez compliqué comme ça, Hippolyte ne partage pas son amour (tiens donc, c’est étonnant) et lui préfère Aricie, qui appartient au clan ennemi. Il s’en passe des choses à cette époque!
 
Phèdre est passionnée et ça se ressent dans ses discours. La fameuse tirade où elle avoue son amour pour Hippolyte est magique.
 
Voyez donc:
 
«Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps et transir et brûler.» (I, 3)
 
Il n’en faut pas plus pour toucher mon petit cœur, qui fond comme de la guimauve quand je lis une tirade pareil! Phèdre s’enflamme à la simple vue de son cher et tendre. Mais on la sent aussi torturée, elle a l’air de vivre un véritable calvaire. Et je compatis tellement. Je lui pardonne même d’avoir calomnié, menti, trahi. Parce qu’il faut l’avouer, elle perd la tête. Je dirais même qu’elle craque bien son slip à la fin. Comme le dit Racine lui même: «Phèdre n’est ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente.». Elle passe de la lucidité à la folie, de la violence aux remords, le tout en un quart de seconde. Sa passion la dévore, sa culpabilité la détruit.
 
Je tiens vraiment à dire à quel point j’ai aimé cette tragédie. J’y ai rencontré une Phèdre humaine. Évidemment, vous savez que je ne cautionne pas les nanas qui se jettent aux pieds du premier venu (Bella si tu me lis…), mais avec Phèdre c’est différent. Je crois qu’on est toutes plus ou moins passées par là (bon, pas forcément avec votre beau-fils hein). Mais c’est ce qui fait que j’ai compati à son malheur. Elle est juste humaine. Vous l’aurez sûrement remarqué, mais je ne parle que de Phèdre. Tout simplement parce que les autres m’ont un peu laissés de marbre. Hippolyte me fait penser à un trouillard, et Thésée s’est pris pour le Dom Juan de service.
 
La pièce est découpée en cinq actes, et tout est minutieusement calculé. A chaque acte correspond une étape dans la passion de Phèdre, dont la dernière, qui l’amène fatalement à la mort. Les vers sont magnifiques, c’est de la pure poésie. Là encore, je vous laisse juger:

«C’est peu de t’avoir fui, cruel, je t’ai chassé .
J’ai voulu te paraître odieuse, inhumaine,
Pour mieux te résister, j’ai recherché ta haine.
De quoi m’ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins.» (II, 5)
 
Sérieusement, mon cœur s’emballe quand je lis ça.

En résumé :
 
Racine, Gossip Girl t’a tout piqué. De la passion, de la violence, des mensonges, et j’en passe. J’adore les histoires de starcrossed lovers, quand ça finit dans les larmes et le sang. Je suis servie et j’en redemande!
 
 Alexandre Cabanel, Phèdre (1880)
 
 
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