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Loin de tout, J. A. Redmerski

«Camryn n’a jamais voulu se contenter d’une petite vie tranquille. A vingt ans, alors qu’elle croit que son avenir est sur des rails, elle perd son petit ami dans un accident de voiture. Tout s’écroule. Cédant à un élan irrésistible, la jeune fille décide de tout plaquer pour aller voir ailleurs, et s’y perdre, avec un peu de chance. C’est alors que son chemin croise celui d’Andrew, vingt-cinq ans, qui n’a pas été épargné par la vie lui non plus. Ces deux paumés font route ensemble et retrouvent ce qu’ils cherchaient sans le savoir: l’espoir. Camryn se sent vivre plus intensément depuis qu’elle a rencontré ce compagnon de route audacieux, drôle et incroyablement séduisant. Ce road trip improvisé marque le début d’une nouvelle existence exaltante. Mais l’insaisissable Andrew cache un secret qui pourrait faire de ce voyage le dernier.»    

 
Camryn, 20 ans, perd son copain dans un accident de voiture. Elle décide de tout plaquer, pour se lancer dans un road trip (façon de parler, elle a pris le bus en fait), et croise le chemin d’Andrew, beau gosse ténébreux mais qui cache un terrible secret…. 
 
Je pense que mon expérience avec les romans New Adult va s’arrêter là. J’entends par là que de lire les pires clichés de la jeunesse et des romances à l’eau de rose, le tout avec une écriture de mauvaise qualité et vulgaire, et bien ça va cinq minutes. Ça faisait un bon moment que je n’avais pas lu un navet pareil. 

 

Le road trip est inexistant pour moi. Camryn prend le bus, et change d’État, certes, et son tour en voiture avec Andrew a l’air sympa, mais ça s’arrête là. Les deux personnages sont tellement égoïstes que pas une seule fois il leur prend l’envie de visiter VRAIMENT le pays (désolée, mais les motels ne rentrent pas dans la catégorie Visites Culturelles pour moi), ou de rencontrer les gens, tout simplement. Même pas le réflexe de regarder par la fenêtre, c’est vous dire. Tout ce qui compte, c’est leurs histoires de fesses, il faut le reconnaitre. L’auteur ne fait aucun effort de description. Aucun paysage n’est décrit, c’est le néant total. Les seules descriptions sont celles d’Andrew (comme il est beau et comme il est viril avec ses tatouages), et de cette imbécile de Camryn (comme elle a une belle crinière blonde, et comme elle a de jolies jambes). Et pour le coup, l’auteur se donne à fond : 450 pages sur Andrew et sa carrière de mannequin (c’est dur la vie), ou sur Camryn et sa love story (qui n’en était pas une) avec feu Ian. L’intrigue se résume à pas grand-chose, pour ne pas dire rien. On se contente d’observer deux personnes qui font la route côte à côte, qui échangent des déclarations «d’amour» plus que crues, et qui clairement, ne font rien de leur vie. Quelle ambition.   

Andrew et Camryn sont les personnages les plus inutiles que j’ai jamais rencontrés dans ma vie de lectrice. Inutiles et ennuyeux à mourir. Comme je le disais, ces deux-là n’ont aucune ambition dans la vie, mis à part se regarder dans le blanc des yeux. Andrew a autant de charisme qu’un animal mort. Son personnage est un cliché ambulant: archi beau gosse, un brin mystérieux, drôle (enfin selon Camryn). Mais évidemment, il dévoile d’autres facettes de sa personnalité: Monsieur est un dominateur mais c’est aussi un grand sensible voyez-vous… Le coup de grâce: son secret. Je n’ai jamais rien lu d’aussi stéréotypé de ma vie. Non seulement on le voit venir à la moitié du bouquin, mais en plus de ça, c’est d’une originalité incroyable. Quant à Camryn, elle a autant de classe que Nabilla et Zahia réunies (et encore, ce serait les insulter, elles n’ont pas un vocabulaire aussi vulgaire en public au moins). Cette fille n’a rien dans le cerveau. C’est à se demander si elle a un, ou s’il a été absorbé par tant de bêtises. Ian est oublié en trente pages, puisque tout ce qui l’intéresse, c’est sa petite personne. Je ne sais pas vous, mais une fille avec un langage pareil, je ne comprends pas que quiconque puisse trouver ça attirant (ça vaut aussi pour les mecs au final).   

Parlons-en du style de l’auteur. Un vocabulaire plus que pauvre, une syntaxe qui ne rime à rien, et un millions de grossièretés font que le tout est lourd à digérer. Camryn est sans doute la personne qui arrive à caser le plus de vulgarités dans une conversation, et Andrew le lui rend bien. En général, un peu de grossièreté ne me gêne pas. Quand le tout est bien dosé, cela peut même rendre les dialogues plus réalistes. Ici, ça m’a clairement gênée dans ma lecture, et forcément, je n’ai pas adhéré à l’histoire de cul d’amour de nos deux héros. Too bad.  

Il y a un autre point qui m’horripile: d’où sortent-ils l’argent ? Parce qu’évidemment, un road trip, c’est cher, ce n’est pas donné à tout le monde. Il y a l’essence, la voiture, les hôtels, la nourriture, bref ce n’est pas gratuit. Aucun des deux n’a fait d’études, et aucun des deux n’a de travail. Camryn se permet même de cracher sur un job… En temps de crise, c’est très malin. J’ai du mal à cautionner que les parents (j’imagine que ce sont eux derrière la carte bleue) puissent payer pour que leurs enfants fassent un tour en bagnole, et passent leur temps à se lécher le visage (et plus si affinités). Je pense que l’auteur et moi avons une conception de l’éducation bien différente. Au-delà de ça, je ne suis pas certaine d’avoir compris le message derrière ce roman. Peut-être qu’il n’y en avait pas, mais en tout cas, si c’est l’exemple que les jeunes veulent suivre, et bien bon courage… C’est le genre de livre qui me dépite.  

La fin m’a littéralement achevée. J’ai tellement levé les yeux au ciel qu’ils ont fini par rester bloqués dans leur orbite. Je vous épargne les détails plus que ridicules d’un épilogue qui tombe largement dans le pathos et qui clôture ce livre comme il l’avait commencé: dans la vulgarité. C’est juste lamentable pour moi, il n’y a pas d’autre mot pour exprimer mon ressenti.  

Le point positif, c’est que je l’ai acheté en poche et d’occasion. Je n’ai donc contribué à la mort de la littérature qu’à hauteur de la modique somme d’1€99. On est d’accord, c’est déjà trop pour ce que c’est. Shame on me.

En résumé:

Loin de tout, je ne sais pas, mais loin d’être un bon roman, ça c’est clair.

 

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