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Derrière la haine, Barbara Abel

9782265094185« D’un côté, il y a Tiphaine et Sylvain, de l’autre il y a Laetitia et David. Deux couples, voisins et amis, fusionnels et solidaires, partageant le bonheur d’avoir chacun un petit garçon du même âge. Maxime et Milo grandissent ensemble, comme des jumeaux. Jusqu’au drame. Désormais, seule une haie les sépare la culpabilité  de la vengeance, la paranoïa de la haine… »

Tout commence avec deux couples, Laetitia et David, Tiphaine et Sylvain, qui partagent bien plus que des barbecues entre voisins. Plus que de l’amitié, ils entretiennent des liens que l’on peut qualifier de familiaux et leurs fils grandissent comme des frères. Bref, c’est une complicité fusionnelle qui existe entre ces deux jeunes couples. Jusqu’à ce que le pire les sépare.

Les deux personnages féminins, Tiphaine et Laetitia, sont absolument détestables. Mais c’est justement pour ça que j’ai adoré ce livre. L’auteure a retranscrit avec beaucoup de force les émotions de ces deux femmes, qui sont passées de meilleures amies à pires ennemies. Les méchancetés et répliques cinglantes fusent à la vitesse de la lumière, et en quelques pages, il ne reste plus rien de l’amitié entre elles. J’ai rarement autant ressenti les sentiments des personnages, que ce soit de la tristesse ou de la colère. Et surtout de la paranoïa. Le mot même de paranoïa est trop faible pour décrire ce sentiment de méfiance absolue, de doute et de suspicion qui règne dès la première du roman. J’ai cru devenir folle, et je ne savais plus à qui me vouer. L’auteure a fait un gros travail sur la psychologie de ces deux personnages. Tiphaine et Laetitia sont définitivement des femmes bouleversantes. Par contre, les maris, Sylvain et David, m’ont laissée presque de marbre. J’ai trouvé leur place assez secondaire, même s’ils ne manquent pas de réparties. Quant à Milo et Maxime, ce sont les deux rayons de soleil de ce livre. Je n’en dirai pas plus, gâcher ce suspense serait criminel.

L’intrigue m’a beaucoup plu. Ok je l’avoue, j’ai eu une légère déception sur le tragique évènement qui va déchirer les deux familles. Déception parce qu’avec mon esprit tordu, j’avais imaginé un drame terrible, du genre l’un des gamins tue son copain. Et puis il s’est avéré que l’évènement en question est d’une « banalité » effroyable. La définition même d’un accident. J’étais peut-être déçue, parce j’attendais du spectaculaire, du glauque et de l’hémoglobine en veux-tu en voilà, mais je peux vous assurer que mon cœur s’est brisé net. Le reste de l’histoire est très bien construite. L’auteure nous laisse quelques pistes et indices, qu’évidemment je n’ai pas su voir. C’est fou les questions que j’ai pu me poser à la fin de ma lecture. Comment survivre à une perte aussi déchirante? Jusqu’où est-on prêt à aller pour retrouver ce que l’on a perdu ? Et la pire peut-être: connaissons-nous vraiment notre entourage?

Le style de l’auteure est captivant. Des phrases courtes et concises font qu’on tourne les pages sans même s’en rendre compte. On est embarqué dans un tourbillon d’évènements, et ce dès le début. La fin m’a fait froid dans le dos. Cette fin est d’une cruauté sans nom, d’un sadisme de malade, je vous le dis! Je souligne quand même que certains passages sont un peu exagérés et faciles. Je ne dirai pas lesquels parce qu’ils concernent un moment particulièrement crucial du dénouement, mais pour les détails techniques, on repassera. J’adhère complètement à ce genre de fin cela dit, car elle est très loin des happy ends habituels.

En résumé:

Un très bon thriller, de quoi vous donner des frissons! Maintenant, il me tarde de lire la suite.

En tout cas, une chose est claire, le jour où j’ai des mouflets, je les colle à moi avec de la super glue.

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