Purgatoire des innocents, Karine Giebel

«Je m’appelle Raphaël, j’ai passé quatorze ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère William, et deux autres complices nous venons de dérober trente millions d’euros de bijoux. Ç’aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts et un blessé grave. Le blessé, c’est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre où Will pourra reprendre des forces.
Je m’appelle Sandra. Je suis morte, il y a longtemps, dans une chambre sordide.
 
Ou plutôt quelque chose est né ce jour-là … 
 
Je croyais avoir trouvé le refuge idéal. Je viens de mettre les pieds en enfer.
 
Quelque chose qui marche et qui parle à ma place. Et son sourire est le plus abominable qui soit …»
 
Raphaël et son frère Will décident de braquer une bijouterie avec deux de leurs complices. Ils laissent dans leur sillage des morts et des blessés, et partent alors se réfugier dans une maison isolée dans la campagne, habitée par Sandra, vétérinaire. Le cauchemar commence alors pour elle. Contrainte et forcée de soigner Will, blessé durant le braquage, Sandra n’attend qu’une chose, que Patrick, « Papa » rentre à la maison. Et ce sont les frères qui se retrouvent alors piégés…
 
Bon, difficile de ne pas spoiler. Je passe de suite à mon avis sur les personnages, de peur de trop vous en révéler. Concrètement, je n’ai aimé aucun personnage. Pas un seul n’a su me toucher, ne serait-ce qu’un tout petit peu. Karine Giebel nous décrit des personnages froids, distants, et qui pour moi, n’ont rien d’humain (la palme du monstre de la décennie est décernée à Patrick). Les personnages sont même assez clichés pour le coup: le braqueur qui cherche à se repentir, le pédophile qui guette les gamines à la sortie de l’école, ou la femme atteint du syndrome de Stockholm. Les thèmes abordés sont aussi récurrents chez l’auteure: séquestration, torture et j’en passe. Autant j’aime beaucoup lire un bon roman noir de temps en temps, autant là, Karine Giebel a clairement dépassé la limite. 
 
L’auteure mêle plusieurs histoires, toutes plus sombres les unes que les autres. Le schéma narratif est quand même très répétitif : Sandra tente de s’échapper, on lui fait payer cher, et ça recommence : les frères veulent s’échapper, on leur fait payer cher, et ça recommence : les filles essaient de s’échapper, on leur fait payer cher, etc. Pas vraiment original, et ça devient très vite lassant… A même pas la moitié du roman, j’étais déjà lasse de lire 20 fois une tentative d’évasion qui se finit en baston. De plus, j’ai trouvé que le huis clos rendait le tout trop lourd. Je me suis sentie oppressée et j’ai vraiment étouffé. Ce qui fait un point négatif de plus, malheureusement. J’ai aussi eu l’impression d’assister à une sorte de surenchère dans le dégueulasse et la violence. Le tout est gratuit, et ne sert vraiment pas à l’avancement de l’intrigue, ou à une évolution des personnages. Plus on avance, et plus c’est sordide et gore. A la moitié du livre, j’ai commencé à me sentir vraiment mal à l’aise, j’ai trouvé que ça relevait limite du voyeurisme.
 
En résumé
 
J’en ressors dégoûtée. Mon avis est court, mais je ne comprends pas l’intérêt d’écrire un livre aussi malsain. Écrire du glauque pour du glauque, très peu pour moi.
 
 
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21 Thoughts on “Purgatoire des innocents, Karine Giebel

  1. Mince, il est dans ma PAL et d’habitude j’adore cet auteur… J’espère que ça se passera bien quand je le lirai!

  2. Quel dommage que tu n’ait pas apprécié ! Je n’ai pas bien choisi pour le swap :(.
    Si un jour tu as envie de retenter un livre de Karine Giébel, je te conseilles Meurtres pour rédemption, que j’ai trouvé très bien écrit, mais aussi très dur. C’est une auteure que que j’apprécie toujours, j’espère que tu aura l’occasion d’avoir une meilleure lecture un jour 🙂

  3. Comme toi, j’ai trouvé que c’était répétitif, que ça tournait en rond. Et trop d’atrocités aussi. Mais, j’ai apprécié les personnages, surtout celui de la jeune fille enlevée, et des deux frères Will et Raphaël. J’avais lu avant et préféré Jusqu’à ce que la mort nous unisse de cette auteur.

  4. Ouh ! Je ne connais pas du tout cette auteure, mais ce que tu en dis ne donne pas envie de découvrir j’avoue !

  5. C’est deja difficile quand on ne peut pas à accrocher aux personnages… Je ne connaissais pas mais c’est dommage le résumé donnait pas mal envie. Mais bon je vais passer.

  6. Bon je passe mon chemin ;D

  7. J’en ai deux qui m’attendent dans ma PAL de la dame. J’ai hâte de m’y mettre même si je comprends tout à fait ton avis.
    Je fais un parallèle avec les films gores. Autant j’ai adoré Saw 1 par exemple, autant ceux d’après étaient moisis justement parce que c’était plus que du gore pour du gore sans véritable histoire derrière. Donc je comprends que ça ne t’ait pas plu.
    Ca me rappelle aussi Rowling et la daubasse Une place à prendre. Quand les auteures en font des caisses, c’est vite saoûlant ^^

    • Hahaha le parallèle avec les films d’horreur ne pouvait venir que de toi 😉 Tu sais déjà ce que j’en pense, de toute cette hémoglobine!! Pou une Place à Prendre, je ne reviendrais pas sur cette catastrophe digne de Fukushima, j’ai eu assez mal comme ça pendant ma lecture..;

  8. Oh ce livre est dans ma PAL et j’espère qu’il me plaira plus qu’à toi… En plus, je n’ai encore jamais rien lu de cette auteure :S

  9. Olalala 🙁 Il me tentait beaucoup… Avant de lire ta chronique O.O Je ne sais pas si je sauterai le pas, du coup :/

  10. Tu es le 1er avis négatif que je lis sur Karine Giebel. J’hésitais à essayer mais pour le coup, ton avis ne me donne pas très envie =)
    Déjà que je n’étais pas grandement motivé XD

  11. Ah, dommage. J’avais justement envie de tenter un livre de cet auteur, mais il est vrai que celui-ci me disait pas trop. J’avais pensé peut-être lire « Juste une ombre »

  12. Sans moi. Je hais la violence gratuite et tout ce qui est malsain / sadique. Et pour le coup, ce roman a l’air bien gratiné.

  13. Je suis en partie d’accord avec toi. Le genre de livre après lequel on fait une « pause polars…. » (je viens de le lire…).

  14. Bon, ben je passe. J’avais bien aimé Les morsures de l’ombre, et je me réjouissais de lire les autres mais si j’aime bien un roman noir de temps en temps, je n’aime pas « trop noir » non plus. Ce qui m’intéresse dans un polar, c’est plutôt le suspense et son évolution et voir à la fin comment tout le puzzle s’assemble.

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