Marche ou crève, Stephen King

«Mieux que le marathon… la Longue Marche. Cent concurrents au départ, un seul à l’arrivée. Pour les autres, une balle dans la tête. Marche ou crève. Telle est la morale de cette compétition… sur laquelle une Amérique obscène et fière de ses combattants mise chaque année deux milliards de dollars. Sur la route, le pire, ce n’est pas la fatigue, la soif, ou même le bruit des half-tracks et l’aboiement des fusils. Le pire c’est cette créature sans tête, sans corps et sans esprit qu’il faut affronter : la foule, qui harangue les concurrents dans un délire paroxystique de plus en plus violent. L’aventure est formidablement inhumaine. Les participants continuent de courir en piétinant des corps morts, continuent de respirer malgré l’odeur des cadavres, continuent de vouloir gagner en dépit de tout., Mais pour quelle victoire?»
 
Ray Garraty a 16 ans et participe à la Longue Marche, avec 99 autres concurrents. Un seul doit gagner, pour les autres, pas besoin de vous faire un dessin quant au sort qui leur est réservé.
 
Garraty s’est engagé dans cette course sans trop savoir pourquoi (faut vraiment avoir envie), j’ai eu l’impression que le pactole promis ne l’intéressait même pas… Quête existentielle ? Ennui ? En tout cas, j’ai eu un peu de mal à cerner sa personnalité. J’ai l’impression qu’il ne sait pas trop où se placer dans un groupe (je suis convaincue que le mâle alpha, ce n’est pas lui). Et ce qui m’a choqué, c’est qu’il n’a même pas la rage de gagner! Quel est l’intérêt de se lancer dans une marche où les avertissements te pleuvent dessus sans arrêt, où les militaires dégainent leurs fusils en une fraction de seconde, où tu vois tes copains se faire descendre, et où tu MARCHES day and night, si tu n’es même pas motivé par quelque chose?! Garraty a eu envie de gagner pour la première fois à la page 312. Le roman fait 346 pages, c’est normal apparemment. J’ai donc détesté ce trait de sa personnalité, trop mollasson et fadasse à souhait.
 
L’histoire en général me plaît beaucoup. Le principe de la Longue Marche est bien trouvé. J’adore les histoires où un seul peut en sortir vivant (je ne commence même pas à vous parler d’Hunger Games, parce que sinon, on ne m’arrête plus), sur fond de répression et de révolte. On assiste au calvaire des marcheurs, et bonjour la torture! Les pieds déchirés, les crampes, la faim, la soif, et j’en passe des pires, on comprend que les marcheurs ont vraiment du courage. Les descriptions sont tellement réalistes que ça fait froid dans le dos, certains passages m’ont dégoûtée (mémo : ne plus jamais lire à table). L’ombre du commandant, qui dirige la marche, plane sur les concurrents, ils en ont peur mais ils l’admirent en même temps. La constitution du groupe est plutôt classique finalement, on trouve le rigolo, le casse-pied de service, la loque qui est à la traîne, etc. Certains personnages sont détestables (j’avais envie qu’ils meurent sur le champ, c’est pour vous dire), et d’autres sont attachants, presque attendrissants.
 
Un autre point important du livre, c’est la foule. La Longue Marche est filmée, et les spectateurs peuvent les encourager sur la route. C’est incroyable cette curiosité malsaine et morbide des gens pour ce genre d’événements. Ils viennent observer, huer, encourager les participants, ils se délectent de leur malheur, c’est assez perturbant. Garraty se sent pousser des ailes quand la foule l’acclame, même si ça ne l’a pas empêché de nous péter une durite, deux fois.
 
J’ai quand même regretté de ne pas en savoir plus sur la Longue Marche. On ne sait pas pourquoi elle existe, et jusqu’à la toute fin du livre, on ne connaissait pas les modalités pour y participer. On les découvre à la fin, lorsqu’un marcheur raconte son inscription à la Longue Marche. Je suis curieuse de nature, donc je me suis posée pleins de questions. Alors à moins de n’avoir rien compris à l’histoire, je n’ai pas eu les réponses espérées, c’est dommage. Et la fin, mais WTF ? Je me suis coltinée les 346 pages pour ça ? Vraiment déçue, parce que même si la lecture n’est pas difficile en soi, ce n’était pas non plus une partie de plaisir.
 
En résumé :
 
L’histoire de base me plaît beaucoup, le concept est génial. Mais le personnage principal est fade, presque sans intérêt. On se pose 1000 questions dont on n’aura jamais la réponse, et la fin est plus que décevante. Je suis très déçue pour du Stephen King. 
 
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6 Thoughts on “Marche ou crève, Stephen King

  1. J’ai lu ce livre il y a une éternité alors je ne me souviens pas des détails, mais il m’a vraiment laissé un souvenir fort, d’un livre intense et très noir.

  2. Mmmh il faut que je relise ce bouquin car j’avoue que je ne me souviens plus si j’avais ou non été déçue par la fin…

  3. Je me rappelle avoir adoré la fin que j’avais trouvée très intelligente et subtile 🙂

  4. Je veux le lire ^^

  5. J’ai été déçu.

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