Juste une ombre, Karine Giebel

«D’abord, c’est une silhouette, un soir, dans la rue…
 Un face-à-face avec la mort.
 Ensuite, c’est une présence. Le jour : à tous les carrefours. La nuit : à ton chevet. Impossible à saisir, à expliquer, à prouver.
 Bientôt, une obsession. Qui ruine ta carrière, te sépare de tes amis, de ton amant. Te rend seule.
 Et folle.
 Juste une ombre. Qui s’étend sur ta vie et s’en empare à jamais.
 Tu lui appartiens, il est déjà trop tard…»
 
Cloé Beauchamp a une vie de rêve. Le genre beauté fatale, à deux doigts de devenir directrice générale d’une grosse boite, et qui, en prime, s’offre le mec idéal (à part le prénom, non mais Bertrand sérieusement? On n’est pas de la même génération, ça doit être pour ça…). Oui mais voilà, Cloé a un problème : elle est harcelée par une ombre. Mais quand je dis « harcelée » je parle de la totale, rien à voir avec le harcèlement que vous fait subir votre colloc pour savoir si vous avez, oui ou non, descendu les poubelles. Je parle d’objets qui se déplacent, du frigo qui se remplit, et d’une ombre qui vous colle aux basques H24. Ce n’est pas « juste » une ombre. C’est bien pire.
 
Tout d’abord, un point important que je tiens à souligner : je déteste l’héroïne ! Typiquement le genre de fille avec qui je ne m’entend pas. Arrogante, égoïste comme ce n’est pas permis, elle aime bien rabaisser les gens et leur faire sentir qu’elle vaut bien mieux (cf son comportement vis à vis de sa meilleure amie, ou de sa secrétaire). Une vraie tête à claque cette nana ! Et pourtant, on a vite de la peine (pitié?) pour elle (mini spoiler : il y a comme un drame familial qui la hante…). 

Son cauchemar commence alors qu’elle tente de rejoindre sa voiture dans une ruelle sombre, et qu’elle pense avoir vu un psychopathe la suivre. Situation qui peut très bien m’arriver (en admettant que j’ai une voiture of course, et que je me balade seule dans des ruelles malfamées, et qu’on veuille me suivre bien sur). Bref, c’est à partir de là que tout s’enclenche. On sent l’hystérie qui monte crescendo (la sienne mais aussi la nôtre) au fil des pages. Sa meilleure amie et son mec (Bertrand, je m’en remet toujours pas) eux même semblent la prendre pour une folle. Cloé redouble de paranoïa et voit le mal partout. Et toute sa vie commence lentement mais sûrement par s’effondrer. J’avoue que jusqu’au bout, je n’ai pas réussi à me décider : est-ce qu’elle est juste complètement tarée? Ou alors il y a vraiment quelqu’un dehors qui lui veut du mal ? Le suspense est là en tout cas.
 
Quant aux autres personnages du roman, j’aime bien Alexandre Gomez. Je dis « bien » parce que j’aurais pu adorer son coté bad boy violent, mais au final ça se rapproche plus d’une caricature. Le flic dépressif et veuf qui est le seul à croire à l’histoire invraisemblable de l’héroïne. Mouais, dommage. J’ai, en revanche, adoré Bertrand : l’auteure a opéré un revirement de sa personnalité au milieu du roman, je m’y attendais pas du tout et ça a été une très bonne surprise ! La meilleure amie Carole, un peu fadasse, ni super belle ni super intelligente, qui s’est quand même trouvé un mec pour faire bonne figure (et quel mec…). Et Philip le collègue de bureau, ah pauvre Philip, je ne spoilerai pas, mais tu n’as pas eu de chance toi !
 
Le vrai point positif du roman, c’est quand même la fin. Mon dieu mais comment on peut écrire des choses pareil?! Ça vaut le coup de supporter les crises d’hystérie et de paranoïa de Cloé (et il y en a beaucoup) ! Une des meilleures fins de thriller que j’ai jamais lue, parce que pas de happy ending (y’en a marre des méchants qui vont en prison, et des héros qui vivent happily ever after), mais une bonne fin bien glauque comme je les aime ! Et sans avoir l’impression d’être bâclée ! Donc chapeau, parce que je n’ai rien mais absolument rien vu venir ! Et que c’est quand même terrifiant…
 
Karine Giebel a un style d’écriture particulier. Des phrases courtes, tranchantes, hachées, qui rendent bien compte de l’angoisse et de toute l’horreur de l’histoire. Le mélange de la troisième et de la première personne du singulier contribuent aussi à l’efficacité du roman.
En bref, un très bon thriller, l’histoire est complètement dingue mais c’est tout ce que j’aime finalement ! A lire absolument, de préférence seule, dans votre appartement vide, un soir de tempête, histoire d’avoir une bonne pétoche avant Halloween ….
 
En résumé :
 
+ une fin inattendue et terrifiante
+ un style efficace
 
une héroïne insupportable
des personnages un peu caricaturaux
 
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3 Thoughts on “Juste une ombre, Karine Giebel

  1. Ce livre à l’air vraiment bien malgré les points négatifs que tu souligne. Je pense même à en faire ma prochaine lecture…
    J’adore ton style d’écriture, continu ainsi !

  2. Anonymous on 06/16/2014 at 15:11 said:

    J’ai lu ce livre après avoir vu que tu en parlais dans un de tes billets. Et je ne regrette absolument pas ! J’ai adoré ce livre, je ne l’ai pas lâché avant d’avoir terminée ! Malheureusement j’ai vu la fin arriver, mais ça n’a pas gâché mon plaisir ! Bref, très bonne lecture, merci d’en avoir parlé !
    Bisous, bonne continuation, j’aime énormément ton blog !

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