Home, Toni Morrison

«Aux États-Unis, dans les années 1950, le parcours de Frank Money, un vétéran noir de la guerre de Corée de 24 ans qui veut retrouver sa soeur Cee.»
 
Franck revient de la guerre de Corée brisé. Il s’échappe alors d’un asile et décide d’entreprendre un voyage dans l’Amérique des années 50, afin de ramener sa sœur malade chez eux, en Géorgie.

Franck a beau avoir servi dans une armée où la ségrégation a été abolie, le racisme au quotidien est bien présent. Les ombres du Maccarthysme, du Ku Klux Klan, de la guerre de Corée planent sur le pays. On suit donc Franck dans son voyage, où on fait face à la violence des gens : un révérant blanc qui lui vient en aide mais reste méfiant, des lieux publics qui lui sont interdits, des émeutes, des insultes… Toni Morrison dénonce dans ce livre la ségrégation et le racisme. Les mots sont justes, touchants.

 
J’aime beaucoup le personnage de Franck. Le livre alterne le récit de son voyage avec ses souvenirs d’enfance et de la guerre de Corée. Hanté par ses souvenirs de guerre, Franck est atteint de ce que l’on pourrait appeler le syndrome du survivant. Ses amis sont morts au combat, mais lui est revenu vivant. Il essayera de reprendre le cours d’une vie normale, en vain. Il ne comprend plus le monde qui l’entoure. Dès la première page du livre, on ressent son amour pour sa sœur, son désir de la protéger. Et c’est ce coté protecteur que j’ai apprécié. Franck a un rapport compliqué avec sa ville natale, Lotus, qu’il pensait avoir laissé derrière lui. Lotus lui rappelle à la fois les souvenirs douloureux de sa famille mais aussi les moments passés avec sa sœur. Vous l’aurez compris, Franck est un personnage complexe.
 
Cee, sa sœur, a aussi connu son lot de misères. Mariée jeune avec un escroc et un infidèle, elle quitte tout pour trouver du travail, et être indépendante. Malheureusement, elle sert de cobaye à un docteur blanc qui l’utilise pour toutes sortes d’expériences. Avec le personnage de Cee, c’est le portrait de toutes les femmes noires de cette époque que Toni Morrison décrit. Ces femmes qui sont maltraitées, exploitées mais qui restent fortes, et qui continuent de rêver malgré tout.
Home est un livre qui va droit au but. L’auteure ne s’embarrasse pas de phrases à rallonge, le style est clair, les phrases sont courtes. Ça se lit très vite, et on en redemande !

 

En résumé :

Un roman très court, quelques centaines de pages à peine, et qui pourtant nous fait passer par mille et une émotions. Un message de paix et d’humanité. Il me tarde de lire Beloved, du même auteur (et là je pense sortir les mouchoirs…).

 
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10 Thoughts on “Home, Toni Morrison

  1. Ma mère adorait Toni Morrison, je n’en ai moi-même jamais lu mais tu me donnes sacrément envie avec celui-co !!

  2. C’est une auteure que j’aimerai beaucoup découvrir ! Elle a l’air d’écrire des histoires profondes qui touchent les lecteurs ^^

  3. La façon dont tu le présentes donne vraiment envie de découvrir ce livre. J’aime ce genre d’ouvrage qui fait réfléchir, surtout quand le thème est un peu dérangeant (ici le racisme, la ségrégation raciale, mais il y a plein d’autres thèmes du même genre).
    En plus s’il est court, ça peut être vraiment sympa. Les livres qui tournent autour du pot ont tendance à un peu m’énerver, mais là ça n’a pas l’air d’être le cas.

  4. Il m’a l’air très bien, je le note 🙂 !

  5. Je crois que j’ai à peu près TOUS les romans de l’auteur dans ma wishlist alors que je n’en ai jamais lu un, mais les résumés sont tellement tentants. Et ton avis ne fait que confirmer

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