Crash and Burn, Michael Hassan

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«Steven Crashinsky saved more than a thousand people when he stopped his classmate David Burnett from taking their high school hostage armed with assault weapons and high-powered explosives. What you didn’t know: the words that burn whispered to Crash right as the siege was ending, a secret that Crash has never spoken of. Until now.»

Par où commencer avec ce livre. Crash et Burn. Steven «Crash» Crashinsky et David «Burn» Burnett. Même leurs surnoms sont faits sur mesure. Crash et Burn se rencontrent pour la première fois lorsqu’ils ont huit ans, poussés par leurs mères qui se sont liées d’amitié. Crash est atteint de ce qu’on appelle ADHD (Attention deficit hyperactivity disorder), ou en français: trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité. Contraint d’être «ami» avec Burn, et sa sœur Roxanne, Crash va vivre un enfer. Lorsque Burn tente de mettre le feu à leur école (à même pas dix ans…), Crash comprend qu’il est dangereux, et qu’un jour où l’autre Burn passera à un acte encore plus terrible. C’est chose faite le 21 avril 2008, quand Burn décide de prendre des étudiants et des professeurs du lycée en otage, armé jusqu’aux dents, avec des explosifs prêts à emploi.

Crash est assez détestable dans son genre. Il a certes sauvé des centaines d’étudiants, ses professeurs et le lycée de la prise d’otages de Burn mais quand même. Crash et sa bande passent 90% de leur temps défoncés, à fumer, à boire, et à profiter des filles qui cherchent à rencontrer le fameux héros. Il profite allègrement des gens et de sa célébrité. C’est parfois dur de suivre le fil de ses pensées, et évidemment on déplore certaines de ses actions. MAIS. Il m’a beaucoup touchée. Le voir lutter contre son ADHD m’a fait mal au cœur. Son père est l’être le plus méchant de tous les temps. Je n’ai jamais -jamais- lu un truc pareil. Et puis il y a Burn. Crash est littéralement terrifié par Burn, depuis le jour où celui-ci a voulu cramer leur école primaire. Michael Hassan retranscrit parfaitement cette peur et cette anxiété qui le rongent dès que Burn est dans les parages. Crash est forcément très affecté, et sa santé, mentale et physique, se dégrade à vue d’œil. Heureusement qu’il y a sa petite sœur Jamie, même si elle ne sert à rien pendant les trois quarts du livre. Crash lui voue un amour sans limite (sa relation avec sa grande sœur Lindsay est nettement plus conflictuelle), et son désir de la protéger lui donne forcément un côté attendrissant.

Burn me fait peur. Honnêtement, à part dans les romans de Stephen King, j’ai rarement peur d’un personnage. Et encore, dans certains livres, c’est surtout la situation qui m’effraie. Là, je vous garantis que c’est bel et bien David Burnett qui me fait peur. Burn est un personnage très complexe: un petit génie surdoué, prétentieux, obsédé par trois personnes en particulier, manipulateur et j’en passe. Il est lui aussi atteint de différents troubles du comportement, et de sévères névroses. Pendant la moitié du livre, j’ai eu du mal à déterminer s’il était un «gentil» ou un «méchant». Avec réflexion, je me dis qu’il est les deux. Et c’est aussi ça qui m’a terrifié. Parce que pour chaque bonne action qu’il fait, ou chaque mot gentil prononcé, on s’attend à un retour de flamme d’une malveillance absolue. Ce qui fait que comme Crash, à la seule mention du nom de Burn, je deviens tendue, je me crispe et j’ai la gorge sèche. Pour vous dire à quel point j’étais à fond dans ce livre. Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un tout petit peu de compassion pour Burn. Même s’il a des troubles du comportement depuis qu’il est enfant, c’est la mort de son père qui a déclenché sa folie et sa rage. Je ne lui cherche pas d’excuse, j’ai eu envie de l’assommer plusieurs fois avec mon livre. Mais je ne pense pas qu’il soit juste un psychopathe, il est bien plus que ça.

J’ai rarement vu une relation (je ne qualifie même pas ce qu’ils partagent d’amitié) aussi toxique. Crash et Burn sont liés, d’une manière difficile à comprendre. Steven déteste David, mais il se sent mal pour lui. Alors il le tolère plus ou moins. Crash raconte leur histoire depuis les années 90, jusqu’en 2008. Ce qui fait donc pas mal d’années où l’on observe la violence, qui monte lentement en puissance. Et il y a vraiment de quoi mettre le lecteur mal à l’aise. J’ai patiemment attendu le jour où cette violence a fini par exploser. Je dis patiemment parce que le roman m’a semblé long par moment. Crash raconte toutes les histoires liées à Burn, et il y en a beaucoup. Mais avec le recul, je pense qu’elles sont nécessaires pour comprendre comment Crash et Burn en sont arrivés là.

J’aimerais aussi vous parler de Roxanne, la sœur de Burn, mais impossible de le faire sans spoiler l’histoire. Je dirais juste que c’est un personnage assez incroyable, et une fois de plus, je n’ai jamais vu quelqu’un qui lui ressemble.

L’histoire est très bien construite. Michael Hassan a vraiment un style d’écriture particulier: les phrases sont longues, détaillées mais en même temps, percutantes. Bien que certains passages soient un peu difficiles à suivre (Crash et son ADHD n’aidant pas vraiment), j’ai beaucoup apprécié sa narration. Les allers retours entre le présent, où Crash doit écrire ce livre justement, et le passé sont vraiment bien dosés. L’intrigue est installée dès les premières pages, puisque Crash nous révèle que Burn lui a soufflé un secret le jour de la prise d’otage. Il entretient le mystère tout au long du livre, donc impossible de ne pas le terminer. Au vu de toutes les actions dangereuses et stupides de Burn, je n’ai pas arrêté de me demander ce que ça pouvait être. J’étais à mille lieues de deviner.

Ce livre est très intense, puisque énormément de sujets sont abordés. Pour faire une liste (non-exhaustive): le suicide, les attentats du 11 septembre 2001, la drogue, le sexe, l’alcool, les relations père-fils, les maladies mentales, etc. Je ne le conseillerais donc pas aux plus jeunes, évidemment.

Il y a tellement plus que la relation Crash/Burn dans ce livre, et je meurs d’envie de tout vous déballer. Ma chronique est déjà beaucoup trop longue, mais quand j’aime un livre, j’en parlerais pendant des heures et des heures…

En résumé:

 Excellent.

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23 Thoughts on “Crash and Burn, Michael Hassan

  1. Je ne connaissais pas du tout, mais je le note !!

  2. J’aime bien ce genre de livre surtout lorsqu’ils sont percutants ! L’auteur a l’air de parler de choses graves tout en restant juste…Superbe chronique, je suis convaincue 😉

    • Les femmes qui lisent sont dangereuses on 06/14/2015 at 10:54 said:

      C’est exactement ça, il y a des sujets pas faciles à aborder, mais l’auteur le fait très bien! Merci c’est gentil 🙂

  3. Waouh! Quelle chronique! J’ai très envie de découvrir ce roman maintenant!!

    • Les femmes qui lisent sont dangereuses on 06/14/2015 at 15:13 said:

      J’espère que ça te plaira si tu décides de le lire 🙂

  4. Oula ! Tu donnes sacrément envie ! Il a l’air assez dingue quand même, je suis très intriguée, je crois qu’il va aller directement dans mon carnet d’achats ! 🙂

  5. Je ne suis pas toujours emballée par ce genre d’atmosphère mais je ne peux pas m’empêcher d’être tout de même intriguée! Si ce livre croise ma route, pourquoi pas!

    • Les femmes qui lisent sont dangereuses on 06/14/2015 at 15:09 said:

      C’est une ambiance assez noire et un peu déprimante parfois! Mais les personnages sont juste au top, donc ça compense!

  6. Ca a l’air d’etre quelque chose de très différent et intense. Ce n’est pas forcément des sujets qui sont beaucoup traités.

    • Les femmes qui lisent sont dangereuses on 06/14/2015 at 15:11 said:

      C’est vrai que c’est intense, il faut s’accrocher, mais ça vaut le coup quand on lit le final!

  7. En résumé : il me le faut !!! 😀

  8. Je le note ! 😀

  9. Tu m’as vraiment convaincu ! Je vais l’ajouter sur goodreads pour ne pas oublier !

  10. Belle chronique ! Je ne connaissais pas du tout !

    • Les femmes qui lisent sont dangereuses on 06/14/2015 at 11:04 said:

      Merci! L’auteur n’est pas très connu en France, je crois qu’il n’y pas la VF d’ailleurs pour ce livre!

  11. Ce livre me fait tellement envie *-*

  12. Whaou. Je ne connaissais pas ce livre, j’ai failli ne pas lire ta chronique car la couverture et le titre ne m’attirait pas, et au final, tu viens de me donner extrêmement envie de le lire ! :O Il a l’air génial ! Je vais l’ajouter à ma wish-list, je suis obligée là !

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