Category Archives: Policier/thriller

I Hunt Killers, Barry Lyga

51LpiBFUmBL._SX351_BO1,204,203,200_« Et si le plus dangereux serial killer au monde était…votre propre père?À Lobo’s Nod, petite ville tranquille des États-Unis, nul ne veut croire que le corps d’une jeune fille retrouvé dans un champ est l’œuvre d’un serial killer. Jazz, lui, en est convaincu. Et il sait de quoi il parle puisqu’il n’est autre que le fils d’un criminel célèbre dans tout le pays pour avoir assassiné des dizaines de femmes. Son père est en prison mais Jazz, lui, est libre et n’a qu’une crainte: que l’opinion le désigne comme le coupable idéal. Il décide alors de faire équipe avec le shérif et de mettre à profit les enseignements de son père dans l’espoir de démasquer le véritable coupable… Mais est-ce si facile quand on a reçu le goût du sang en héritage? »

Je dois le dire, j’ai cette glauque fascination pour les serials killers. Jusqu’à il y a peu de temps, j’étais convaincue que mon voisin en était un (long story), il faut dire que j’ai un radar à psychopathes qui est plus que rodé. Je n’ai donc pas hésité une seconde quand j’ai vu ce livre à la bibliothèque.

Jasper, dit Jazz, est le fils du tristement célèbre Bill Dent. Bill, qui est connu sous plusieurs noms: Green Jack, L’Artiste, La Main de Velours ou L’œil de Satan. Bill, qui est un tueur en série. Lorsque son père est enfin arrêté, Jazz tente de retrouver une vie aussi normale que possible. C’était sans compter l’apparition de deux cadavres. Très vite, Jazz est soupçonné et décide alors de résoudre les enquêtes par lui-même, afin de prouver son innocence.

Jazz cumule les handicaps. Son père est l’un des serials killers les plus prolifiques des États-Unis, mais comme si ce n’était pas assez, il l’a parfois forcé à regarder ses crimes, et même à participer… Comment voulez-vous avoir une vie équilibrée avec ce genre de bagages? Jazz est clairement un adolescent perturbé. La narration fait qu’on plonge directement dans ses pensées, et c’est parfois assez dérangeant à lire. Jasper se débat avec ses pensées morbides, sa curiosité malsaine et surtout avec le lourd héritage de son père. On sent qu’il est terrorisé de terminer comme lui et de blesser, tuer des gens. Il essaye de réfréner ses pulsions meurtrières au maximum. J’ai beaucoup de peine pour lui évidemment, d’autant plus qu’il a participé aux horreurs que son père a fait subir à ses victimes. Mais en même temps, il a un humour noir qui me plait beaucoup. Je le trouve assez courageux d’être resté dans sa ville natale, et d’affronter les regards des gens au quotidien.

Jazz n’est jamais aussi humain que lorsqu’il est avec son meilleur ami Howie. Laissez-moi vous le présenter brièvement. Howie est devenu le BFF de Jasper le jour où ce dernier l’a défendu comme une bande de trépanés du bocal. Howie est hémophile, et quelques crétins ont trouvé ça drôle de lui taper dessus. Heureusement, Jazz est arrivé et depuis, ils ne se sont plus quittés. Ensemble, ils font les quatre cents coups, comme pénétrer par effraction dans une morgue. Mes copines et moi, on préfère faire du shopping mais chacun son passe-temps. Howie est vraiment hilarant, mais surtout il arrive à rassurer Jazz dans les moments difficiles. Ils ont une belle bromance, et j’aime bien ça.

L’auteur pose les éternelles questions: sommes-nous condamnés à finir comme nos parents? A quel point notre environnement nous influence-t-il? Existe-il un gène estampillé «tueur en série»? C’est le fameux débat nature vs nurture (un article ici). Je trouve le sujet très intéressant et l’exemple de Jazz est fascinant. Son profil psychologique est digne d’un épisode d’Esprit Criminel, sa personnalité est très complexe. Personnellement, je n’ai aucune réponse à toutes ces questions. J’aime bien me dire que chacun est libre de choisir son destin*. Que ce n’est pas parce qu’on a une subite envie de découper ses collègues en petits cubes et de les servir à l’apéro, qu’il faut forcément le faire.

L’intrigue est très prenante. Jazz fait tout de suite le lien avec les victimes de son père, et à partir de là, on est vite entrainés dans l’enquête. Il y a quelques rebondissements très bien placés, donc on ne s’ennuie pas. Certains crimes sont assez détaillés, et les précisions peuvent parfois retourner des estomacs. J’ai quand même été un tout petit peu déçue d’avoir trouvé le meurtrier avant la fin (appelez-moi Sherlock). Mais ça n’empêche pas que l’histoire est très captivante.

J’ai froid dans le dos quand je me dis que la profession où le taux de psychopathes est le plus élevé est… PDG. Dois-je dire adieu à ma future carrière de directrice mondiale d’une super multinationale? Sans doute que oui, je croise assez de cinglés comme ça.

En résumé:

Jazz est un mini Dexter, et j’adore ça.tumblr_mb6u9o6duV1qav8l5o1_500*Mon dieu mais d’où je sors des phrases aussi nulles? J’ai touché le fond là.

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The Girl on the Train, Paula Hawkins

« Rthe-girl-on-the-trainachel takes the same commuter train every morning. Every day she rattles down the track, flashes past a stretch of cozy suburban homes, and stops at the signal that allows her to daily watch the same couple breakfasting on their deck. She’s even started to feel like she knows them. “Jess and Jason,” she calls them. Their life—as she sees it—is perfect. Not unlike the life she recently lost.

And then she sees something shocking. It’s only a minute until the train moves on, but it’s enough. Now everything’s changed. Unable to keep it to herself, Rachel offers what she knows to the police, and becomes inextricably entwined in what happens next, as well as in the lives of everyone involved. Has she done more harm than good? »

Rachel prend le train tous les jours, matin et soir, pour aller à Londres. Et tous les jours, elle passe devant la même maison, son ancienne maison, où vivent désormais son ex-mari, sa nouvelle femme et leur petite fille. Rachel, et c’est le moins que l’on puisse dire, a très mal vécu leur séparation: elle n’a plus de travail, et sa colocataire est à deux doigts de la mettre à la porte parce qu’elle est alcoolique. Pourtant Rachel trouve un certain réconfort à observer depuis le train un couple, qu’elle a elle-même baptisé Jason et Jess (en réalité, ils s’appellent Scott et Megan). Jusqu’au jour où elle est témoin d’une chose surprenante, qui pourrait peut-être être la clé de la disparition de Jess/Megan.

Qu’on se le dise, Rachel est le pire personnage de la décennie. Elle est complètement rongée par l’alcool, qu’elle descend à une vitesse ahurissante. Elle s’invente une vie, et surtout elle invente la vie des autres. Elle imagine Scott et Megan comme un couple parfait, elle les envie et les idéalise. Je l’ai trouvée particulièrement horripilante, au sens où elle a un besoin malsain de s’immiscer dans la vie des gens. Certes l’alcoolisme ne l’aide pas, et je peux comprendre qu’elle veuille se rendre utile, mais sa façon de mener l’enquête sur la disparition de Megan est juste insupportable. Je ne vous parle même pas de son comportement pitoyable envers Tom, son ex-mari, et Anna sa nouvelle femme. Rachel est un personnage pathétique, dans tous les sens du terme. Pourtant, c’est dur de rester insensible, surtout lorsqu’on apprend les raisons de son alcoolisme et de sa séparation avec Tom. Je suis restée perplexe face à un personnage aussi compliqué.

L’histoire est raconté par les trois personnages principaux, à savoir Rachel, Anna la nouvelle femme de son ex-mari, et enfin Megan. J’ai adoré ce système à trois voix, parce qu’on découvre ces trois femmes au fur et à mesure. Et bonjour les secrets, la paranoïa, les mensonges, les trahisons, et les meurtres. Anna est heureuse en ménage avec Tom, et leur petite fille Evie. Elle déteste Rachel mais plus encore, elle déteste vivre dans cette maison, qui n’est pas vraiment la sienne. Anna semble avoir une vie lisse en apparence, mais elle est bien plus complexe que ça. Megan, qui a déjà croisé la route d’Anna (elle a gardé sa fille), est elle aussi très compliquée. Elle semble vivre une vie agréable, avec son mari, mais plus on avance dans la lecture, plus on lui découvre un mal être d’une violence rare. C’est sans doute le personnage qui m’a le plus surprise et écœurée. Rachel arrive en deuxième place évidemment. L’auteure dresse un portrait violent et noir de ces femmes, mais en même temps, c’est leurs défauts qui les rendent humaines. Le tout est vraiment très réaliste, j’applaudis le travail sur les personnages! Chacune en prend pour son matricule, et ça fait mal. Avec elles, je suis tombée de haut! C’est vraiment ça que j’ai aimé dans ce livre: les apparences sont trompeuses.

L’intrigue est vraiment bien menée. Les chapitres s’enchainent, et j’avais hâte de connaitre la fin. J’adore ce genre de livre, où on ne peut faire confiance à personne. Et c’est le cas ici. Rachel est bien évidemment sur la liste des suspects, puisque elle est mentalement instable, et qu’elle a de sérieux trous de mémoire dus à l’alcool. Mais au final, c’est tous les personnages qui sont suspectés. Les pages se tournent à une vitesse folle, et plus on en apprend, plus on veut savoir le fin mot de l’histoire. Je pensais avoir trouvé le coupable, mais je n’ai fait que me mettre le doigt dans l’œil, jusqu’à la rate. Ma carrière de détective, ce n’est pas pour tout de suite.

Si je devais lui trouver un seul défaut, ce serait le début. J’ai mis un peu de temps à rentrer dans le récit. La mise en place de l’intrigue traine un tantinet à mon goût. J’ai aussi mis quelques chapitres à m’habituer au style de l’auteur, qui est assez brut, et qui ne s’embarrasse pas de chichi.

En résumé:

Un très bon thriller psychologique, avec beaucoup de suspense! Pour les fans du genre, vous allez vous régaler! Pour les autres, c’est le bon livre pour vous lancer!

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Les disparues de Juárez, Sam Hawken

index« Ciudad Juárez, Mexique. On y échoue quand on n’a plus rien à perdre, comme Kelly Courter, boxeur minable qui survit tout juste entre combats truqués et petit trafic de marijuana. Seule lueur dans sa morne existence : Paloma, pasionaria de la cause des femmes disparues, avec qui il entretient une liaison. On y reste par désespoir, comme Rafael Sevilla, vieux flic alcoolique et veuf, jamais remis de la disparition inexpliquée de sa fille. Bientôt, Paloma se volatilise à son tour et son compagnon est accusé d’assassinat. Rafael se lance dans une enquête de tous les dangers au cœur des bas-fonds mafieux mais aussi auprès de ces nantis pour qui les femmes ne valent guère mieux que du bétail… »

Je ne le cache pas, quand j’ai vu ce livre à la librairie, j’ai sauté dessus. La couverture m’a tapée dans l’œil, et surtout le bandeau qui annonçait «Inspiré de faits réels: 400 femmes assassinées à Juárez». Quoi de mieux pour préparer son voyage que de lire un fait divers sordide sur des disparitions en masse de jeunes femmes?

Pour vous situer un peu les faits, le livre traite de la disparition de plus d’un millier de femmes depuis 1993, dans la ville de Juárez, près de la frontière Mexique/Etats Unis. L’histoire est souvent la même: les jeunes femmes sont enlevées sur la route des maquilladoras, où la majeure partie de la population travaille. Près de 400 corps ont déjà été retrouvés. Je vous épargne les détails ignobles à propos de l’état dans lequel elles ont été retrouvées. Quelques arrestations ont été faites, mais rien de retentissant, et pour cause: la corruption et la mafia locale font la loi. Face à l’impunité qui règne à Juarez, les familles des victimes et les associations locales parviennent à attirer l’attention d’Amnesty International, des Nations Unies et de la Cour interaméricaine des Droits de l’Homme, qui somment le gouvernement Mexique de faire son devoir. En vain, puisque des femmes, toujours plus jeunes, continuent de disparaitre régulièrement (jusqu’à un enlèvement par semaine). L’affaire est très connue, et Juárez est réputée pour être la ville la plus violente du monde. Sympa comme publicité…

Si vous avez envie d’en apprendre davantage sur le sujet, je vous invite à regarder le film Les oubliées de Juárez, avec Jennifer Lopez et Antonio Banderas.

Pour en revenir au livre, je suis très très TRES déçue. Je l’ai trouvé limite mauvais. Mais pourquoi donc? Question pertinente, j’y arrive.

Kelly Courter est un boxer américain raté, réfugié à Juárez. Il mène une vie minable dans les bas-fonds de la ville, et entre deux combats clandestins, il participe à un petit trafic d’herbe pour survivre, avec l’aide de son meilleur ami Esteban. Heureusement, il peut compter sur Paloma, sa petite-amie et sœur d’Esteban, pour prendre soin de lui. Jusqu’à ce qu’elle disparaisse subitement. Kelly sera le premier suspect, et va devoir affronter les méthodes plus qu’inhumaines de la police mexicaine.

Je ne me suis attachée à aucun des personnages. Kelly qui aurait pu être un personnage tellement touchant m’a laissée –presque- de marbre. Ok, sa descente aux enfers est glauque et triste, et la séance de torture qu’il subit est abominable. Mais ça s’arrête là. Je trouve ça dommage parce que j’aurais pu adorer un personnage comme Kelly. Paloma est une femme à fort caractère, ce qui est appréciable, mais là encore, il y a quelque chose qui ne passe pas. J’aurais aimé en savoir plus sur son travail et son combat pour les femmes disparues. Même chose pour Sevilla, le flic en charge de l’enquête, qui pourtant a perdu sa fille dans des circonstances similaires. L’auteur a mis énormément de distance entre ses personnages et les lecteurs. Le fait qu’ils disparaissent tous très vite n’aide pas non plus.

Mais là où j’ai été le plus déçue et frustrée, c’est au niveau de l’intrigue. Le livre fait environ 400 pages, mais il ne se passe rien de notable pendant les trois quarts de l’histoire. Je me suis très vite lassée. Kelly comate à partir de la moitié du livre, Paloma disparait dès les premiers chapitres, et il ne reste que Sevilla, qui ne sert à rien. La solution lui tombe du ciel, facilement. Pour la subtilité et la finesse, on repassera. La réponse à ces enlèvements me plaisait pas mal, même si un peu banale au final. C’est dommage qu’elle soit bâclée en quelques pages. J’aurais aimé suivre une véritable enquête, avec des rebondissements, des faux suspects et des cliffhangers à chaque fin de chapitre. C’est raté. Pour le coup, une enquête bien classique ne m’aurait pas dérangée, bien au contraire.

Je dois dire que le style de l’auteur m’a perturbée. A mi-chemin entre un documentaire et un roman, j’ai eu du mal à m’accrocher. Je me suis sentie à des kilomètres de l’histoire. J’ai quand même trouvé un point positif à ce livre. Le récit est entrecoupé par des phrases en espagnol, qui rendent le tout réaliste.

En résumé:

Mon avis est peut-être un peu confus, mais il traduit exactement ce que je pense de ce livre. Une belle déception.

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Sur ma peau, Gillian Flynn

9782253120704«La ville de Wind Gap dans le Missouri est sous le choc : une petite fille a disparu. Déjà, l’été dernier, une enfant avait été sauvagement assassinée… Une jeune journaliste, Camille Preak, se rend sur place pour couvrir l’affaire. Elle-même a grandi à Wind Gap. Mais pour Camille, retourner à Wind Gap, c’est réveiller de douloureux souvenirs. A l’adolescence, incapable de supporter la folie de sa mère, Camille a gravé sur sa peau les souffrances qu’elle n’a pu exprimer. Son corps n’est qu’un entrelacs de cicatrices… On retrouve bientôt le cadavre de la fillette. Très vite, Camille comprend qu’elle doit puiser en elle la force d’affronter la tragédie de son enfance si elle veut découvrir la vérité…»

Lorsque Camille Preak est envoyée dans sa ville natale pour enquêter sur une sordide affaire de meurtres, elle doit faire face à ses plus vieux démons. Alcoolique, accro à l’automutilation, elle va devoir composer avec une mère qui ne l’aime pas, sa demi-sœur qu’elle connait à peine, et le fantôme d’une sœur décédée des années auparavant. Le retour au bercail s’annonce difficile.

A l’origine, j’ai décidé de le lire parce que j’avais fait quelques recherches sur un sujet que je trouve particulièrement horrible (et dont je tairais le nom, les spoilers sont mauvais pour la santé), et j’ai appris que ce livre en parlait. C’est donc poussée par une curiosité malsaine (morbide sans doute) et un désir d’en savoir plus, que je me suis lancée. Et je peux vous dire que ce livre est très perturbant.

Oh my. Pas une seule lueur d’espoir.

Camille est une femme très perturbée. Fragile psychologiquement, elle s’automutile depuis des années. Camille a envie (besoin?) de s’écrire des mots sur la peau. Avec un couteau. Et ceux qu’elle a déjà marqué dans sa chair n’ont de cesse de la brûler. Écorchée est le qualificatif qui lui va le mieux. Écorchée mentalement. Écorchée physiquement. J’ai trouvé assez difficile de voir avec quelles souffrances elle vit au quotidien. Elle cherche à noyer son passé et son chagrin dans l’alcool, sans grand succès. Le récit est à la première personne -Camille parle- et je dois dire que pour le coup, c’est une immersion totale dans ses pensées, à la fois déprimantes et violentes. Ce qui fait que c’est dur de s’attacher à elle, au sens avoir de l’affection. Camille est quelqu’un de très complexe, c’est parfois dur de la suivre.

Amma, sa demi-sœur de 13 ans, qu’elle connait à peine, est sans doute la pire adolescente que la Terre ait jamais portée. Manipulatrice et perverse, elle obtient toujours ce qu’elle veut. La voir faire le bébé auprès de sa mère, puis la voir se droguer la page d’après, m’a agacé. Adora, la mère de Camille et d’Amma, remporte la palme de la mère de l’année. J’ai rarement croisé une personne aussi égoïste de ma vie. L’argent qu’elle possède lui confère une espèce d’aura, et Madame se comporte comme la reine de la ville. Et par dessus le tout, elle est dénuée de toute émotion.

Comme vous le voyez, les caractères de ces trois personnages sont poussés à l’extrême. Je crois que le fait de voir des femmes, aussi dérangées et froides, m’a un peu effrayé. J’avais lu un livre fascinant sur les femmes serial killers*, qui jusqu’à une époque très tardive, échappaient à tout soupçon parce que la société refuse de croire qu’elles sont capables du mal. Je pense qu’il y a du vrai là dedans.

Wind Gap est en apparence une ville tranquille, et pourtant. L’auteure dresse ici un portrait peu flatteur de la société. Les femmes sont hypocrites, jalouses, et folles furieuses. Les adolescentes sont d’une cruauté rare, et cachent bien leur jeu. Les hommes sont bêtes comme leurs pieds, et font semblant d’ignorer ce qu’il se trame. Et au milieu de tout ce beau monde, se tissent les relations mère-fille, et sœurs. Et c’est là que ça chauffe! Pas d’amour entre elles? Ou est-ce justement un trop plein d’amour qui les étouffe, et les rend incontrôlables? Certaines pensées de Camille m’ont fait frémir, et surtout m’ont fait de la peine. Je fais partie de ces gens qui pensent que de ne pas aimer ses enfants, c’est une forme de maltraitance. Gillian Flynn a le don de retranscrire cette violence, qui existe dans certaine famille, avec un tel réalisme que ça fait froid dans le dos. Certains passages m’ont écœurée, d’autres m’ont fait peur. D’autres m’ont laissée perplexe: prendre de l’ecstasy avec sa sœur de 13 ans est une chose qui me dépasse… Ma sœur et moi, on faisait des crêpes lorsqu’on voulait passer du temps ensemble. Enfin, chacun ses passe-temps, hein.

Quant à l’intrigue, les deux filles assassinées, et bien finalement, ce n’est pas la partie la plus essentielle du roman. On ne suit pas d’enquête, Camille se contente de recueillir des témoignages. Jusqu’à ce que la vérité s’impose à elle. Si vous cherchez de l’action, passez donc votre chemin, car pas de rebondissement de folie. L’intrigue est reléguée au second plan. Mais beaucoup de psychologie. L’auteure a installé un climat plus que malsain, une atmosphère où règne la psychose. Et une fois qu’on est dedans, on y est jusqu’au cou!

La fin est très déconcertante. Non mais sérieux. De la haine jusqu’au bout. Même la dernière pensée de Camille est catastrophique. Elle vaut le détour cela dit! Je dois dire que je connaissais déjà une partie de l’intrigue, puisque c’était pour ça que je voulais lire ce livre, mais j’ai été prise au dépourvue quand j’ai vu la tournure que la fin a pris. Je ne l’avais pas vu venir, mais en même temps, je m’en doutais. Un sentiment très bizarre de frustration et de dégoût, de «je le savais» et de «je n’y crois pas» m’a envahie. Je n’arrive toujours pas à savoir si j’ai aimé ce livre.

En résumé:

Guess what? Je suis sortie de ce livre déprimée. C’est pourtant un très bon thriller psychologique. Mais peut-être trop bon justement! Ce livre est extrêmement dérangeant et troublant. A ne pas mettre dans les mains de n’importe qui! Personnellement, j’ai l’impression d’être traumatisée à vie.

*Femmes serial killers: pourquoi les femmes tuent? Peter Vronsky

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Derrière la haine, Barbara Abel

9782265094185« D’un côté, il y a Tiphaine et Sylvain, de l’autre il y a Laetitia et David. Deux couples, voisins et amis, fusionnels et solidaires, partageant le bonheur d’avoir chacun un petit garçon du même âge. Maxime et Milo grandissent ensemble, comme des jumeaux. Jusqu’au drame. Désormais, seule une haie les sépare la culpabilité  de la vengeance, la paranoïa de la haine… »

Tout commence avec deux couples, Laetitia et David, Tiphaine et Sylvain, qui partagent bien plus que des barbecues entre voisins. Plus que de l’amitié, ils entretiennent des liens que l’on peut qualifier de familiaux et leurs fils grandissent comme des frères. Bref, c’est une complicité fusionnelle qui existe entre ces deux jeunes couples. Jusqu’à ce que le pire les sépare.

Les deux personnages féminins, Tiphaine et Laetitia, sont absolument détestables. Mais c’est justement pour ça que j’ai adoré ce livre. L’auteure a retranscrit avec beaucoup de force les émotions de ces deux femmes, qui sont passées de meilleures amies à pires ennemies. Les méchancetés et répliques cinglantes fusent à la vitesse de la lumière, et en quelques pages, il ne reste plus rien de l’amitié entre elles. J’ai rarement autant ressenti les sentiments des personnages, que ce soit de la tristesse ou de la colère. Et surtout de la paranoïa. Le mot même de paranoïa est trop faible pour décrire ce sentiment de méfiance absolue, de doute et de suspicion qui règne dès la première du roman. J’ai cru devenir folle, et je ne savais plus à qui me vouer. L’auteure a fait un gros travail sur la psychologie de ces deux personnages. Tiphaine et Laetitia sont définitivement des femmes bouleversantes. Par contre, les maris, Sylvain et David, m’ont laissée presque de marbre. J’ai trouvé leur place assez secondaire, même s’ils ne manquent pas de réparties. Quant à Milo et Maxime, ce sont les deux rayons de soleil de ce livre. Je n’en dirai pas plus, gâcher ce suspense serait criminel.

L’intrigue m’a beaucoup plu. Ok je l’avoue, j’ai eu une légère déception sur le tragique évènement qui va déchirer les deux familles. Déception parce qu’avec mon esprit tordu, j’avais imaginé un drame terrible, du genre l’un des gamins tue son copain. Et puis il s’est avéré que l’évènement en question est d’une « banalité » effroyable. La définition même d’un accident. J’étais peut-être déçue, parce j’attendais du spectaculaire, du glauque et de l’hémoglobine en veux-tu en voilà, mais je peux vous assurer que mon cœur s’est brisé net. Le reste de l’histoire est très bien construite. L’auteure nous laisse quelques pistes et indices, qu’évidemment je n’ai pas su voir. C’est fou les questions que j’ai pu me poser à la fin de ma lecture. Comment survivre à une perte aussi déchirante? Jusqu’où est-on prêt à aller pour retrouver ce que l’on a perdu ? Et la pire peut-être: connaissons-nous vraiment notre entourage?

Le style de l’auteure est captivant. Des phrases courtes et concises font qu’on tourne les pages sans même s’en rendre compte. On est embarqué dans un tourbillon d’évènements, et ce dès le début. La fin m’a fait froid dans le dos. Cette fin est d’une cruauté sans nom, d’un sadisme de malade, je vous le dis! Je souligne quand même que certains passages sont un peu exagérés et faciles. Je ne dirai pas lesquels parce qu’ils concernent un moment particulièrement crucial du dénouement, mais pour les détails techniques, on repassera. J’adhère complètement à ce genre de fin cela dit, car elle est très loin des happy ends habituels.

En résumé:

Un très bon thriller, de quoi vous donner des frissons! Maintenant, il me tarde de lire la suite.

En tout cas, une chose est claire, le jour où j’ai des mouflets, je les colle à moi avec de la super glue.

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Avant d’aller dormir, S.J Watson

1383983-gf« A la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent. »

A la suite d’un accident, Christine est atteinte d’une forme grave d’amnésie. Chaque matin, elle se réveille sans le moindre souvenir de sa vie passée. Envolée sa jeunesse. Elle se découvre mariée à Ben, sans enfant ni travail, vivant dans une belle maison, mais sans aucun souvenir d’avoir vécu une vie. Alors chaque matin, Ben lui explique inlassablement la vie qu’elle a ratée, et lui fait visiter leur maison. C’est leur petite routine. Mais c’était sans compter le Dr Nash, qui suit secrètement Christine en thérapie, qui l’appelle tous les matins pour lui demander d’aller lire son journal intime. Un journal intime que tient Christine, pour graver les souvenirs de ces journées, qu’elle oubliera dès le lendemain. Un journal intime dangereux, dans lequel elle a écrit de ne faire confiance à personne.

Christine est bouleversante. Elle se bat pour retrouver son passé, injustement volé. C’est une femme très touchante, et qui a relativement la tête sur les épaules, compte tenu de son état. J’ai eu énormément de peine pour elle. Je n’imagine même pas la peur qu’elle doit ressentir, en se levant le matin sans reconnaitre l’homme allongé à côté d’elle, ou son propre reflet dans le miroir. Elle découvre une vie qu’elle ne pensait pas avoir un jour. Le douloureux constat de ne pas avoir d’enfant, de pas être devenue écrivain comme elle le rêvait, s’impose à elle. Elle pourrait facilement se laisser détruire par ce vide et ce manque qu’elle ressent. Mais son désir de réponse est plus fort que tout, alors elle s’accroche de toutes ses forces à son journal.

Quant aux deux autres personnages principaux, Ben, le mari de Christine, et le Dr Nash, j’ai eu du mal à les cerner. En fait, j’ai changé d’avis sur eux à peu près 34859 fois. Chacun essaye de protéger Christine à sa façon. Ben inspire la confiance, il s’occupe tellement bien de sa femme. Chaque jour, il lui explique les mêmes choses, sans jamais se lasser. Si ce n’est pas de l’amour! Le Dr Nash semble lui aussi se préoccuper de sa patiente. Plus jeune qu’elle, il étudie son cas et cherche un moyen d’améliorer sa mémoire, à défaut de la lui rendre complètement. Et pourtant, l’auteur laisse trainer des incohérences et sème le doute sur les deux hommes présents dans la vie de Christine. Impossible de se fier à l’un comme à l’autre.

Une bonne partie du livre retrace les journées de Christine depuis qu’elle tient son journal. Dès les premières pages, on plonge alors dans son quotidien vide de souvenirs. Les révélations s’enchaînent, et à chaque fois, je suis tombée de haut. A CHAQUE FOIS. S.J Watson a le don de m’embrouiller le cerveau, de le retourner, de l’écrabouiller, et d’en faire de la purée. L’auteur est passé maitre dans l’art de la manipulation. Entre fausses pistes, cauchemars et souvenirs, la tension psychologique s’installe. Et ne vous quitte plus. De quoi devenir parano.

J’ai retenu ma respiration à la fin. Pas tellement pendant la confrontation entre Christine et le/la responsable de ses malheurs (j’essaye ne pas vous spoiler), parce qu’en réfléchissant, c’est la partie du livre qui m’a le moins intéressée. C’est surtout le moment où Christine remet les pièces du puzzle en place, et comprend enfin ce qu’il s’est passé, qui est effroyable. J’ai serré le livre tellement fort dans mes mains que mes jointures en sont devenues blanches. Un stress incroyable, j’ai eu du mal à m’en remettre, et à partir de là, je m’en fichais presque de savoir si Christine allait sortir vivante de cet enfer.

S.J Watson a vraiment du talent. Raconter sans arrêt la même journée aurait pu vite tourner à la catastrophe et à l’ennui le plus total. Et pourtant, aucunes des journées de Christine ne se ressemblent. Le thème de l’amnésie, qui est quand même vu et super revu, est très bien traité, avec la bonne dose de charabia technique (la science et moi, ce n’est pas trop ça en général). Le style y est aussi pour quelque chose. Les phrases sont percutantes, et m’ont glacé le sang. A noter quand même que l’auteur est un homme! J’étais persuadée que seule une femme pouvait présenter aussi justement les tourments de Christine. J’avais tout faux.

En résumé :

Avant d’aller dormir est un excellent thriller psychologique. L’un des meilleurs pour moi. A lire de toute urgence!

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Faux rebond, Harlan Coben

«Il y a onze ans, Myron Bolitar était à deux doigts de faire son entrée en NBA. Un genou fragile et un défenseur zélé en ont décidé autrement. Aujourd’hui, il a l’occasion de faire son come-back chez les Dragons. En vérité, Clip Arnstein, propriétaire de l’équipe, l’engage pour qu’il enquête discrètement sur la disparition de Greg Downing, son joueur vedette et éternel rival de Myron.»
 
Le célèbre ex-basketteur Myron Bolitar, aujourd’hui agent sportif et détective à ses heures perdues, reprend du service! Lorsque la star de l’équipe des Dragons du New Jersey disparait, Myron est engagé dans l’équipe, afin d’enquêter sur la disparition de Greg Downing. Harlan Coben nous présente ici l’univers de la NBA, impitoyable, entre rivalités et coups bas. 
 
Myron est fidèle à lui-même. Toujours le mot pour rire, il reste quelqu’un de très consciencieux au travail, et qui tient à ses principes. Je l’ai aussi découvert touchant dans ce livre, angoissé de reprendre le basket, même si c’est pour «de faux». C’est un autre côté de sa personnalité que j’aime bien. Par contre, le voir se torturer l’esprit pour Jessica, sa copine (qui l’a déjà largué quand ils étaient jeunes) m’a bien moins plu. Cette fille est une plaie. Heureusement, Win est là pour essayer de le secouer. Ah Win. Je l’ai toujours adoré. C’est mon personnage préféré : tombeur de ces dames, accro à la violence, avec un humour (et un sourire) dévastateur. C’est le meilleur ami idéal, et il est richissime, ce qui ne gâche rien.
 
Globalement, ce n’est pas son meilleur livre (c’est le troisième de la série). Greg Downing, qui fut son grand rival, que ce soit dans le basket ou dans leur vie amoureuse, a donc disparu. Myron mène l’enquête, et personne n’y échappe : la futur ex-femme qui se bat pour la garde de ses enfants, une mystérieuse maîtresse, ou encore la mafia. L’intrigue est bien menée, il y a du suspense et des rebondissements. Les vilains de l’histoire sont bien présents (et sont bien méchants). Mais je n’ai pas été plus passionnée que ça. J’ai été davantage embarquée dans le monde du basket par contre. L’univers du sport de haut niveau n’est pas quelque chose qui me branche en général. Mais, Harlan Coben ne parle pas que de ballon, il explore aussi tout ce qui gravite autour: la célébrité, l’argent, le sexe, la jalousie. Un peu dommage donc que l’intrigue ne soit pas forcément à la hauteur.
 
Le final arrive un peu trop brutalement à mon goût. Je m’attendais à plus spectaculaire niveau révélations. Et je dois dire qu’une autre révélation m’a bien plus passionnée, et celle-ci a fait l’effet d’une bombe. Je parle là du passé de Myron, en tant que basketteur, et plus précisément lorsqu’il s’est fait bousillé le genou par un adversaire au cours d’un match. Simple accident, ou complot ? Bien que la réponse soit un tout petit peu prévisible si l’on y réfléchit, je n’y avais personnellement pas pensé une seule seconde, donc de ce côté-là, c’est réussi pour moi! J’aurais presque préféré que le livre ne parle que de ça finalement.
 
Le style n’est pas extraordinaire, mais Harlan Coben a beaucoup d’humour, et c’est vraiment quelque chose que j’apprécie chez lui. Je me serais sans doute endormie depuis looongtemps sans sa dose d’ironie!
 
En résumé:
 
Harlan Coben a habitué ses lecteurs à beaucoup mieux. Ce n’est pas le polar du siècle, mais cela reste une agréable lecture, histoire de passer le temps dans le tram.
 

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Purgatoire des innocents, Karine Giebel

«Je m’appelle Raphaël, j’ai passé quatorze ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère William, et deux autres complices nous venons de dérober trente millions d’euros de bijoux. Ç’aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts et un blessé grave. Le blessé, c’est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre où Will pourra reprendre des forces.
Je m’appelle Sandra. Je suis morte, il y a longtemps, dans une chambre sordide.
 
Ou plutôt quelque chose est né ce jour-là … 
 
Je croyais avoir trouvé le refuge idéal. Je viens de mettre les pieds en enfer.
 
Quelque chose qui marche et qui parle à ma place. Et son sourire est le plus abominable qui soit …»
 
Raphaël et son frère Will décident de braquer une bijouterie avec deux de leurs complices. Ils laissent dans leur sillage des morts et des blessés, et partent alors se réfugier dans une maison isolée dans la campagne, habitée par Sandra, vétérinaire. Le cauchemar commence alors pour elle. Contrainte et forcée de soigner Will, blessé durant le braquage, Sandra n’attend qu’une chose, que Patrick, « Papa » rentre à la maison. Et ce sont les frères qui se retrouvent alors piégés…
 
Bon, difficile de ne pas spoiler. Je passe de suite à mon avis sur les personnages, de peur de trop vous en révéler. Concrètement, je n’ai aimé aucun personnage. Pas un seul n’a su me toucher, ne serait-ce qu’un tout petit peu. Karine Giebel nous décrit des personnages froids, distants, et qui pour moi, n’ont rien d’humain (la palme du monstre de la décennie est décernée à Patrick). Les personnages sont même assez clichés pour le coup: le braqueur qui cherche à se repentir, le pédophile qui guette les gamines à la sortie de l’école, ou la femme atteint du syndrome de Stockholm. Les thèmes abordés sont aussi récurrents chez l’auteure: séquestration, torture et j’en passe. Autant j’aime beaucoup lire un bon roman noir de temps en temps, autant là, Karine Giebel a clairement dépassé la limite. 
 
L’auteure mêle plusieurs histoires, toutes plus sombres les unes que les autres. Le schéma narratif est quand même très répétitif : Sandra tente de s’échapper, on lui fait payer cher, et ça recommence : les frères veulent s’échapper, on leur fait payer cher, et ça recommence : les filles essaient de s’échapper, on leur fait payer cher, etc. Pas vraiment original, et ça devient très vite lassant… A même pas la moitié du roman, j’étais déjà lasse de lire 20 fois une tentative d’évasion qui se finit en baston. De plus, j’ai trouvé que le huis clos rendait le tout trop lourd. Je me suis sentie oppressée et j’ai vraiment étouffé. Ce qui fait un point négatif de plus, malheureusement. J’ai aussi eu l’impression d’assister à une sorte de surenchère dans le dégueulasse et la violence. Le tout est gratuit, et ne sert vraiment pas à l’avancement de l’intrigue, ou à une évolution des personnages. Plus on avance, et plus c’est sordide et gore. A la moitié du livre, j’ai commencé à me sentir vraiment mal à l’aise, j’ai trouvé que ça relevait limite du voyeurisme.
 
En résumé
 
J’en ressors dégoûtée. Mon avis est court, mais je ne comprends pas l’intérêt d’écrire un livre aussi malsain. Écrire du glauque pour du glauque, très peu pour moi.
 
 
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Séquestrée, Chevy Stevens

«Annie a été séquestrée. Elle a passé douze mois en enfer dans une cabane perdue au fond de la forêt. Annie est libre, enfin, mais les séances chez le psychologue lui font revivre chaque minute. Annie est sauve, le plus dur est derrière elle. Du moins le croit-elle…»
 
Oh my. Je ne sais même pas par quoi commencer tellement je suis bouleversée. Annie O’Sullivan, 32 ans, est agent immobilier sur l’île de Vancouver, à Clayton Falls. Tout bascule le jour où Annie se fait kidnapper par un frappadingue alors qu’elle lui faisait visiter une maison. Elle avait une vie plutôt banale quand on y pense : un mec séduisant, une chienne qu’elle aime par-dessus tout, une mère légèrement casse-pieds (quelle mère ne l’est pas, en même temps), et une meilleure amie, Christina. Et c’est ça qui m’a fait peur : Annie c’est Madame tout le monde, c’est vous, c’est moi, c’est votre sœur, ou votre amie. C’est assez effroyable de penser qu’un truc pareil puisse arriver de nos jours, à n’importe qui. Il n’y a qu’à regarder Natascha Kampusch. Bref, la vie d’Annie ne sera plus jamais la même, vous l’avez compris.

Dès les premières pages, on plonge dans l’horreur absolue. Annie nous raconte son histoire, à travers ses séances chez la psychologue. Une psy qui est quasi inexistante au final, puisqu’elle n’intervient jamais. Annie parle, raconte son calvaire, et le lecteur est emporté dans un tourbillon d’horreurs. C’est ça aussi qui fait la force de ce livre, on se sent tellement proche d’Annie. Je n’ai pas pu m’empêcher de l’aimer dès la première page. On la voit se débattre avec ce qu’il lui est arrivé : la peur et la paranoïa qui la rongent, les crises d’angoisse, la solitude aussi, et le doute. Annie, enfin libre, tente de retrouver une vie normale, mais n’arrive pas à se défaire de l’emprise de ce psychopathe. Elle a du mal à gérer le comportement des gens envers elle, notamment celui de ses proches, et des journalistes. Alors elle se réfugie dans son placard, et se coupe peu à peu du monde.
 
Le kidnappeur, baptisé, très justement, le Monstre, enlève donc Annie (en plein jour), et la séquestre dans une cabane pendant un an. Un an. Autrement dit, une éternité. L’auteur ne nous épargne aucun des sévices que ce sociopathe lui a fait subir, à travers des flashbacks qu’Annie revit pendant ses séances. Il lui impose un règlement à suivre (que même la Corée du Nord n’imposerait pas), des viols quotidiens, des coups, des humiliations à répétitions, et j’en passe. Bref, une véritable torture physique et psychologique. Annie n’omet aucuns détails, et j’avoue que certains passages m’ont mise un peu mal à l’aise. Je suis une petite nature, alors certains moments ont été éprouvants à lire.
Le Monstre est l’un des pires psychopathes en puissance qu’il m’ait été donné de voir. Ce type n’est juste pas humain et pourtant… Je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir une once de pitié pour lui. Le type est taré on est d’accord, mais certains moments m’ont fait mal au cœur pour lui (loin de moi l’idée de justifier ses actes, je ne connais aucune excuse valable à ce qu’il a fait). J’ai donc trouvé ça assez perturbant et dérangeant. Et Annie pose très justement la question : le fait de ressentir un peu d’empathie pour lui fait-il d’elle un monstre ? (Syndrome de Stockholm?)

Il y a une chose dont j’ai envie de parler, mais vraiment ce serait vous spoiler. Je dirais juste que ça donne matière à réfléchir (et ça me donne mal au crâne par la même occasion). Quand je me dis que ce genre de chose arrive en vrai de vrai, ça me fait froid dans le dos.

La seule «critique» que je pourrais émettre, et encore, c’est par rapport au personnage de Gary, l’enquêteur en charge de l’affaire Annie O’Sullivan. J’ai bien apprécié son personnage, mais je trouve qu’on le voit trop peu. J’aurais bien aimé que sa présence soit un peu plus développée. 

Le dénouement est juste incroyable. La fin a fait l’effet d’une bombe. Annie et le lecteur en prennent plein la figure, et ça fait mal. J’ai du mal à m’en remettre, je crois qu’il faut faire une pause après cette lecture. Histoire de digérer le pourquoi du comment… Hallucinant.

Au niveau de l’écriture, l’auteure arrive décidément à faire monter le suspense tout au long du livre. Avec une narration claire, précise et fluide, mais sans tomber dans le mélo (cf les téléfilms de l’après-midi sur M6 ou TF1), l’auteure nous livre une analyse psychologique des personnages extrêmement juste et fine. J’ai apprécié le fait d’alterner les flashbacks et le présent, ça laisse au lecteur quelques moments de répit (même si au final, le Monstre est partout).
 
En résumé: 
 
A lire absolument si vous aimez les thrillers psychologiques, le genre qui vous retourne le cerveau dès les premières pages.  Ce qui est sûr, c’est que c’est un énorme coup de cœur pour moi. 
  
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Seul le silence, R.J Ellory

«Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes.
Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient…
Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante.
»


Joseph Vaugan, écrivain connu, est le narrateur de cette histoire. Et quelle histoire. Celle ci se déroule à Augusta Falls, dans les années 40, où Joseph vit seule avec sa mère, son père étant décédé . A Augusta Falls, tout le monde se connait, tout se sait, et les rumeurs vont bon train. Joseph avait à peine 12 ans quand les meurtres des fillettes ont commencé. Des fillettes sauvagement assassinées, violée, et démembrées. En gros, c’est la définition même d’un cauchemar.
 
Joseph est un petit garçon très attachant. Il aime par-dessus tout la lecture, et la compagnie de son institutrice Alexandra Webber. Dès les premières pages, on ressent son angoisse, sa culpabilité, vis-à-vis des meurtres. Avec ses camarades, ils se surnomment eux même les Anges Gardiens, et tentent de traquer le serial killer. J’ai trouvé ça assez incroyable qu’une bande de petits garçons se sentent à ce point concernés par les évènements. Mais c’est surtout l’attitude de Joseph qui est assez particulière. On comprend très vite qu’il se sent responsable des filles, il veut veiller sur elles à tout prix. Et chaque cadavre retrouvé (dont un découvert par lui-même), est une épreuve pour lui.
 
Même devenu adulte, heureux en couple avec… Non je ne peux pas vous le dire, je ne l’avais pas vu venir celle-là! Je disais donc que même loin de sa ville natale, Joseph reste hanté par ces meurtres. Il les ressasse sans arrêt. Lorsque LE drame survient, Joseph part s’installer à New York, pour vivre le rêve américain. Mais les meurtres de fillettes continuent et le poursuivent. Un autre drame suivi d’une énorme erreur judiciaire ont fait de Joseph un écrivain à succès. Mais ce n’est pas pour autant qu’il trouve la paix.
 
Ce qui est remarquable dans ce livre ce sont les émotions. Ellory a le don de retranscrire l’état psychologique de Joseph, et ça vous prend aux tripes. C’est sombre et violent. Mais c’est aussi et surtout poétique et très touchant : le petit Joseph évoque souvent les anges, et son père.  
 
Le suspense a failli me rendre dingue! Je ne peux pas tout vous raconter mais niveau rebondissements, on est servi!  Je voyais des suspects partout, tout le monde y est passé avec moi! Impossible de rester calme, je n’arrêtais pas d’y penser. Mon seul regret : la fin! Mince le livre est très bien travaillé, alors pourquoi nous bâcler aussi vite la révélation et la confrontation comme ça? Vraiment je trouve ça dommage parce que le reste du livre est excellent.
 
En résumé:
 
Un roman à l’écriture magnifique et sombre. Je ne sais pas si le qualificatif « thriller » est le plus adapté. C’est surtout un roman psychologique. Et comme pour Joseph, cette histoire risque de vous hanter longtemps!
 
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