Category Archives: New Adult

Beautiful Disaster, Jamie McGuire

images« Travis Maddox est sexy, bâti comme un dieu et couvert de tatouages. Il participe à des combats clandestins la nuit et drague tout ce qui bouge le reste du temps. Exactement le genre de mec qu’Abby doit éviter si elle veut réussir à démarrer une nouvelle vie. 

Mais Travis insiste et lui propose un pari. Si elle gagne, il renonce au sexe pendant un mois. Si elle perd, elle s’installe chez lui pendant un mois. Ce qu’il ignore, c’est qu’il a affaire à bien plus joueur que lui…Une fois toutes les cartes abattues, la catastrophe annoncée se muera-t-elle en amour passionné ? »

Il m’arrive parfois de faire des choix stupides. Comme lire un livre que je sais pertinemment que je vais détester. C’était le cas de Beautiful Disaster. A la seconde même où j’ai lu la première phrase, j’ai su que j’avais fait une bêtise. Mais comme je suis têtue, et que sur un malentendu, il se pourrait que le livre ne soit pas si nul que ça, je l’ai terminé.

Et bien non, ce livre est bel et bien une daube.

Attention, les propos qui suivent ne reflètent que mon avis (et j’ai encore le droit d’en avoir un héhé). Quelques spoilers sont disséminés par-ci par-là, et bien évidemment, mon article est rempli de gros mots en tout genre. Have fun les churros !

giphyPar où commencer ? Je n’en ai pas la moindre idée, il y a tellement d’options qui s’offrent à moi : des personnages dangereux et psychotiques, une intrigue au ras des pâquerettes, une écriture au rabais et un titre ridicule (je peux continuer des heures comme ça).

Parlons d’abord de Travis Maddox. Travis « Mad Dog » Maddox. Il est l’un des personnages les plus détestables et dangereux que j’ai pu croiser dans mes lectures New/Young Adult. Outre son charisme digne d’un bernard-l’ermite malade, Travis a de sérieux problèmes mentaux*. Ce type est un psychopathe, catégorie Ted Bundy. Laissez-moi vous dresser son portrait-robot :

  • Travis est possessif, jaloux, et ne supporte pas qu’un autre homme s’approche d’Abby.
  • Travis exprime son mécontentement par une violence extrême, notamment en frappant tout ce qui bouge ou en saccageant son appartement.
  • Travis est obsédée par Abby d’une façon malsaine et il présente une forte dépendance affective (cf tout ce que je raconte dans cet article).
  • Travis désire contrôler chaque aspect de la vie d’Abby.
  • Travis a un sérieux penchant pour l’alcool.
  • Travis n’a aucune notion de ce qu’on appelle le RESPECT.
  • Travis est donc un gros con.

AU SECOURS JE SUIS A TERRE APPELEZ LES POMPIERS.

Je trouve ça absolument intolérable/scandaleux/irresponsable de prétendre que le comportement de Travis est acceptable. Il n’y a rien de romantique dans la violence, absolument rien. Je ne vois pas non plus comment un harceleur peut être considéré comme sexy ou attirant. Son obsession pour Abby est malsaine au plus haut point, c’est vraiment effrayant. Les filles, ce genre de comportement n’est pas normal, et relève clairement du domaine psychiatrique. J’ai eu du mal avec certains avis que j’ai lus, et dont les auteures rêvent d’un homme comme Travis dans leur vie. Personnellement, je ne rêve que d’un homme qui me respecte, et qui ne m’empêche pas de vivre ma vie comme je l’entends (#jeunedemoisellerechercheunmecmortel). Mais chacune son style, j’imagine. Alors je sais, je fais souvent ma maline avec les bad boys et blablabla. Mais il y a quand même une grande différence entre un mec qui « se la joue » et qui veut seulement impressionner une fille, et un type qui tabasse tout ce qui bouge, et qui est quasiment prêt à tuer quelqu’un. Travis est une bête incapable de se contrôler, avec des pulsions à la limite de la morbidité. Aucune fille ne devrait accepter d’être traitée pareil. C’est typiquement le genre d’homme qui commence par casser la figure des autres, mais qui finira un jour par frapper sa femme (coucou j’extrapole). Je vous jure qu’il faut vraiment lire ce livre pour y croire.

Je suis vraiment déçue qu’une femme soit à l’origine de ce carnage littéraire. Je mettrais mes deux mains à couper qu’elle n’apprécierait pas être traitée de cette façon.

De la même façon, imaginez le genre de message que ce genre de livre envoie aux hommes/garçons ? Alors ok, ce n’est pas la cible principale des livres New Adult, mais il y a quand même des hommes qui l’auront lu, et bonjour les dégâts. Le comportement de Travis n’est pas à reproduire. En aucun cas. Un mec qui risque à tout moment de vous en coller une n’est pas hot. Il est juste bon à croupir en prison.

Je passe rapidement sur Abby, qui est le cliché du personnage féminin que l’on retrouve dans ce genre de livre. Mais en pire. Et oui, c’est tout à fait possible. Je vous promets qu’Ana Steele a l’air intelligente et équilibrée à côté d’elle. Je ne comprends pas comment on peut avoir aussi peu de respect pour soi-même. Abby est stupide, immature et ne trouve rien de mieux à faire que d’encourager le comportement destructeur de Travis. Elle ne voit aucun problème à se faire humilier constamment. On en parle de Travis qui ramène pas une mais deux filles chez lui, alors qu’Abby dort juste à côté (dans sa chambre à lui)? On se doute bien qu’ils n’ont pas fait une partie de Uno tous les trois sur le canapé.

Damn, il y a des limites à ma tolérance.

Je ne parle même pas des personnages secondaires, tant ils sont inutiles et creux. Le seul personnage intéressant et un tant soit peu mûr dans sa tête, c’est Kara, la colloc d’Abby. Et pourtant, celle-ci la fait passer pour une pimbêche. Encore une fois, c’est une belle preuve de maturité de la part d’Abby. En tout cas, Kara va nous lâcher le mot qui résume le livre : CO DEPENDANCE.

Do you know what codependency is, Abby? Your boyfriend is a prime example, which is creepy considering he went from having no respect for women at all to thinking he needs you to breathe.”

Au niveau de l’intrigue, c’est tellement du réchauffé que ça en devient forcément mou. Je mentionne à peine la fin -cheesy et horrifiante à la fois- qui m’a mise hors de moi. Le tatouage « Mrs Maddox » d’Abby conclue le livre en beauté et en bêtises.

BONUS (parce qu’on n’en a pas eu assez) : Travis a cette manie ridicule d’appeler Abby « poulette »… Ah, combien de fois je n’ai pas eu envie de brûler ce livre et de danser autour des flammes (avec un rire démoniaque).

Ce livre est un ramassis de conneries. Sorry les girls (et les boys), mais il n’y a pas d’autre mot pour définir ce qu’a écrit Jamie McGuire. Beautiful Disaster m’a complètement affligée et mise en colère. C’est du terrorisme. Ni plus, ni moins (#dramaqueen).

En résumé :

Les copines, il va falloir m’interdire de lire ce genre de livres, c’est très mauvais pour ma santé mentale, et ça fait palpiter la veine de mon front d’une façon très disgracieuse.

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*Et j’ai lu à peu près tous les articles possibles sur comment débusquer un psychopathe, un pervers narcissique ou un obsédé, je les flaire donc à des kilomètres à la ronde. Appelez-moi en cas de doute (50,04€/min + coût d’un appel selon opérateur).

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Easy, Tammara Webber

contours-of-the-heart,-tome-1---easy-516578-250-400«L’année commence mal pour Jackie: son copain, qu’elle avait suivi à la fac, l’a plaquée, ses amis se sont détournés d’elle, et son semestre semble plus que mal parti. A priori, ça ne pouvait pas être pire, et pourtant…
Un soir, un mystérieux jeune homme la tire d’un très mauvais pas. Jusqu’alors, Jackie ne l’avait jamais remarqué: désormais, il se trouvera constamment sur son chemin. Et si la simple vue de ce garçon suffit à éveiller des images qu’elle préférait laisser enfouies à tout jamais, sa présence silencieuse n’en aiguise pas moins sa curiosité.»

Je n’y crois pas. Je n’y crois pas. Je n’y crois pas. Je n’y crois pas. Je n’y crois pas. Je n’y crois pas. Je n’y crois pas.

JE N’Y CROIS PAS.

Je viens de lire un New Adult. Et j’ai adoré.

                                              VICTOIRE POUR LE PEUPLE! Cjvt5

Le New Adult et moi avons une relation très tumultueuse. Beaucoup de haine, de rage et de larmes, et pourtant, on continue notre bout de chemin ensemble. C’est finalement sur les conseils d’Anaïs (Little-A-Read) que j’ai placé mes derniers espoirs dans ce livre. Livre qui m’a guérie de mes tourments New Adultesque (est-ce que c’est un vrai mot?), donc MERCI.

Jackie est donc notre héroïne. J’avais très peur de tomber sur une énième nénette au QI de moineau, et voilà que j’ai découvert une fille intelligente et réfléchie. On se rend compte qu’elle a énormément évolué: elle passe de petite-amie qui ne vivait que pour son copain (le très crétin Kennedy) à une fille forte, qui s’assume davantage. Jackie me plait beaucoup, elle décide de se prendre en main, et peu de personne serait capable de se montrer aussi forte face à ce qu’elle a vécu. Il fallait bien évidemment un beau gosse pour la sauver et c’est donc Lucas qui se dévoue. Je précise que Lucas est beau comme un dieu grec, pour ceux qui n’auraient pas compris! Bad boy-ish, il n’est pas juste une plante verte pour décorer la pièce. Je l’ai trouvé drôle, charmant, très attendrissant. Et surtout, respectueux. Autant de points qui font que c’est le boyfriend idéal.

Bien qu’elle craque sur Lucas –et on la comprend- Jackie ne se jette pas sur lui dès la page suivante. Le traumatisme de Jackie est bien réel, et donc évidemment, ce ne serait pas crédible. Ici, leur relation prend du temps à se construire, Jackie et Lucas cherchent vraiment à se connaitre. Cela n’empêche pas qu’ensemble, ils forment un duo sexy et adorable en même temps.

L’intrigue n’a rien de révolutionnaire ou d’exceptionnel, je trouve plutôt que c’est la façon d’écrire et de traiter le sujet qui l’est. L’auteure prend tous les clichés qu’on connait bien (le mauvais garçon tatoué en moto au passé trouble, l’étudiante exemplaire un brin ingénue) mais les chamboule complètement. Pas de sexe ou de je t’aime dès la deuxième page, et le terrible secret de Lucas n’est pas rabâché toutes les cinq minutes. Tout arrive à point nommé, naturellement. Sans forcer les choses, sans pression. J’ai quand même trouvé certaines parties de l’histoire prévisible, et là je pense à Landon, le tuteur avec qui Jackie échange par mails. Clairement sur ce coup, Jackie n’a pas été très futée.

L’auteure balaye toutes les réactions qui existent dans la société face au viol. La fraternité masculine prête à tout pour protéger sa réputation (Dieu que ça existe et que ça me dégoute), ceux qui pensent que ce qui arrivé n’est qu’un mensonge, ceux qui préfèrent ignorer le problème. Et surtout Jacqueline qui se tait. Par pudeur, par honte, ou parce qu’elle pense qu’elle peut surmonter ça seule. Le sujet évoqué est très sérieux et l’auteur l’aborde avec beaucoup de réalisme. Et pourtant, le livre reste assez léger. J’ai eu des papillons dans le ventre en même temps que Jacqueline (ou alors j’ai trop mangé ce midi?). Lucas y est pour beaucoup -je suis dingue de tatouages, comme ça c’est dit-.

Gros coup de cœur pour Erin, la meilleure copine fêtarde, qui a bien compris qu’un type qui défend un violeur ne vaut guère mieux. Son côté «les copines d’abord» m’a conquise immédiatement.

Je me suis trompée en le commandant et j’ai pris la VF. Ce qui m’a fait peur au début, puisque j’ai tendance à favoriser la VO. Et heureusement, la traduction est parfaite, rien à redire dessus. Et puis finalement, quand je vois la couverture VO, je me dis que je ne m’en sors pas trop mal avec la mienne…

J’ai été touchée et emportée par l’écriture de Tammara Webber. J’ai ri, presque pleuré, et j’ai eu envie de tout casser. Bref j’ai tout vécu avec ce livre.

En résumé:

Si vous aussi vous avez une phobie nommée New Adult, essayez ce traitement, à raison de trois à quatre chapitres par jour. Vous irez beaucoup mieux après.

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Détraqué, Héloïse Cordelles

couv12119292«Craig Hensley n’hésite jamais à utiliser ses poings dans une bonne bagarre, juste pour le plaisir de se défouler. Lorsqu’il sauve l’imprudente Patience Maitland des griffes de trois motards prêts à la violer, il devient un véritable héros à ses yeux. Cependant, il va lui démontrer qu’il est loin d’incarner le preux chevalier qu’elle s’imagine, en lui enseignant une cruelle leçon qu’elle ne sera pas prête d’oublier: ne jamais accorder sa confiance à quiconque? Et surtout pas à lui!»

Je tiens à préciser que la couverture ne m’a pas du tout influencé à me lancer dans cette lecture. Je ne suis pas comme ça, voyons.

 

Non, non, non et NON. Comme ça au moins, c’est clair. Pour tout vous dire, quand je pense à ce livre, j’ai la moutarde qui me monte au nez, et j’ai envie de tout casser.

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J’ai même envisagé de laisser le Hulk qui sommeille en moi prendre le dessus. Mais le vert ne me va pas au teint. Pourtant, il m’a été chaudement recommandé par mon litchi d’amour Bouquineuse-Accro, qui m’a encouragée à élargir mes horizons en matière de lecture. Allez lire son avis, pour ne pas rester sur une note négative avec ce livre. Car ce qui suit, je le clame haut et fort, n’engage que MOI.

Ce livre n’est rien d’autre qu’un attentat, une agression violente contre la littérature. J’incite d’ailleurs la littérature à porter plainte. Mais halte là, je vous vois venir! Non, je ne suis pas élitiste en ce qui concerne les livres. Je lis de tout (la preuve), MAIS je pense que le style New Adult ne me correspond pas. J’ai l’impression de tout le temps lire la même chose, et ce livre n’échappe pas à la règle. En tout cas, je cherche encore la perle rare.*

Passons maintenant aux raisons qui font que ce livre m’a irrité le côlon.

Commençons avec les personnages. Est-ce qu’un jour on pourrait avoir une héroïne de NA avec un cerveau? Ou au moins une moitié de cerveau, ce serait déjà pas mal. Patience réussit l’exploit de cumuler tous les clichés possibles et inimaginables. Belle à tomber (mais sans s’en rendre compte), intelligente bien que naïve, orpheline, maltraitée par son oncle, trahie par sa meilleure amie et son mec, et… vierge. Bien sûr. Parce que dans les livres NA, les filles n’ont pas le droit de coucher avec d’autres personnes que le héros. Elles se réservent pour lui, voyez-vous. Parlons-en du héros tiens. Craig est beau comme un dieu grec, enchaine les conquêtes, et aime se bagarrer méchamment. Mais derrière ses airs de bad boy, se cache un homme au passé tumultueux et un secret aussi terrible que traumatisant. Là encore, pour l’originalité, on repassera. Entre la gourde sans cervelle qui tombe dans les bras du premier venu, et le type torturé qui en veut à la Terre entière, c’est du réchauffé. C’est ce schéma, commun à beaucoup de NA, qui me gêne. Un peu d’originalité et de caractère ne tuera personne, pas vrai?

Au niveau de l’intrigue, il y a du niveau là aussi. Comme vous l’avez compris, Patience a été trahie: sa meilleure amie couche en secret avec son petit-ami. Mais comment osent-ils? Tout ce scandale est digne d’une chanson de Vitaa -feat Diam’s of course-, et on sent que la tension monte. Patiente décide qu’elle en a marre de tous ces drames, et préfère aller faire la fiesta de son côté. C’était sans compter les trois pervers qui l’accostent, en pleine nuit. Jusqu’à ce Craig, tel un preux chevalier sur son destrier, lui sauve la vie, la ramène chez lui et décide de faire d’elle une femme. FIN. Ha ha, ok ce n’est pas tout à fait la fin, mais ça pourrait. Le reste n’est que coucheries, pseudo-romantisme et orgasmes non-stop. Craig finit par être vilain avec Patience (là encore, je suis surprise, je ne m’y attendais pas), qui part en pleurant. La vie est tellement injuste, vous ne trouvez pas? Et oui, c’est la fameuse rupture. Rupture qui ne durera pas, puisque Patience s’accroche à Craig comme une tique qui s’accroche à un chien. Mais Craig lui révèle enfin son secret et décide de se soigner. Parce que malgré tout, il l’aime bien son jouet Patience.

La fin est à l’image du reste: vite fait mal fait. Craig est envoyé à l’asile, histoire qu’il décompresse un peu, et Patience l’attend bien sagement. La maman de Craig, alcoolique, se guérit miraculeuse entre deux conversations philosophiques avec sa nouvelle belle-fille. Trop forte cette Patience, rien ne lui résiste. Pas même une pochtronne qui a 20 ans de carrière derrière elle. Tout est bien qui finit bien, chacun s’est débarrassé de ses démons. Craig aime Patience, Patience aime Craig. Le monde est beau. Le ciel est bleu. Les oiseaux chantent. Et mes nerfs lâchent.

Je vous promets que j’y ai mis tout mon cœur. J’ai bien essayé mais trop c’est trop. J’ai trouvé ce livre bourré de clichés. Mais surtout, je trouve ça désolant d’écrire une histoire avec des personnages féminins qui n’ont aucun respect pour elle-même. Est-ce que c’est le genre de message qu’on veut faire passer aux jeunes aujourd’hui? A savoir que c’est ok de traiter les filles comme de la merde, parce qu’elles reviendront, de toute façon, au galop. J’ai peut-être pris le livre trop au sérieux, mais c’est tout moi ça! Il fera sans une doute une bonne lecture de plage pour certaines!

En résumé:

Fuyez, pauvres fous.

* Si quelqu’un connait des titres de NA qui seraient susceptibles de me plaire, n’hésitez pas à me le signaler, ou à laisser le lien de vos avis. J’ai horreur de rester sur un échec, et je ne lâcherai pas l’affaire! Alors si tu veux m’aider à passer ce cap difficile en matière de lecture, tu sais ce qu’il te reste à faire! 

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Loin de tout, J. A. Redmerski

«Camryn n’a jamais voulu se contenter d’une petite vie tranquille. A vingt ans, alors qu’elle croit que son avenir est sur des rails, elle perd son petit ami dans un accident de voiture. Tout s’écroule. Cédant à un élan irrésistible, la jeune fille décide de tout plaquer pour aller voir ailleurs, et s’y perdre, avec un peu de chance. C’est alors que son chemin croise celui d’Andrew, vingt-cinq ans, qui n’a pas été épargné par la vie lui non plus. Ces deux paumés font route ensemble et retrouvent ce qu’ils cherchaient sans le savoir: l’espoir. Camryn se sent vivre plus intensément depuis qu’elle a rencontré ce compagnon de route audacieux, drôle et incroyablement séduisant. Ce road trip improvisé marque le début d’une nouvelle existence exaltante. Mais l’insaisissable Andrew cache un secret qui pourrait faire de ce voyage le dernier.»    

 
Camryn, 20 ans, perd son copain dans un accident de voiture. Elle décide de tout plaquer, pour se lancer dans un road trip (façon de parler, elle a pris le bus en fait), et croise le chemin d’Andrew, beau gosse ténébreux mais qui cache un terrible secret…. 
 
Je pense que mon expérience avec les romans New Adult va s’arrêter là. J’entends par là que de lire les pires clichés de la jeunesse et des romances à l’eau de rose, le tout avec une écriture de mauvaise qualité et vulgaire, et bien ça va cinq minutes. Ça faisait un bon moment que je n’avais pas lu un navet pareil. 

 

Le road trip est inexistant pour moi. Camryn prend le bus, et change d’État, certes, et son tour en voiture avec Andrew a l’air sympa, mais ça s’arrête là. Les deux personnages sont tellement égoïstes que pas une seule fois il leur prend l’envie de visiter VRAIMENT le pays (désolée, mais les motels ne rentrent pas dans la catégorie Visites Culturelles pour moi), ou de rencontrer les gens, tout simplement. Même pas le réflexe de regarder par la fenêtre, c’est vous dire. Tout ce qui compte, c’est leurs histoires de fesses, il faut le reconnaitre. L’auteur ne fait aucun effort de description. Aucun paysage n’est décrit, c’est le néant total. Les seules descriptions sont celles d’Andrew (comme il est beau et comme il est viril avec ses tatouages), et de cette imbécile de Camryn (comme elle a une belle crinière blonde, et comme elle a de jolies jambes). Et pour le coup, l’auteur se donne à fond : 450 pages sur Andrew et sa carrière de mannequin (c’est dur la vie), ou sur Camryn et sa love story (qui n’en était pas une) avec feu Ian. L’intrigue se résume à pas grand-chose, pour ne pas dire rien. On se contente d’observer deux personnes qui font la route côte à côte, qui échangent des déclarations «d’amour» plus que crues, et qui clairement, ne font rien de leur vie. Quelle ambition.   

Andrew et Camryn sont les personnages les plus inutiles que j’ai jamais rencontrés dans ma vie de lectrice. Inutiles et ennuyeux à mourir. Comme je le disais, ces deux-là n’ont aucune ambition dans la vie, mis à part se regarder dans le blanc des yeux. Andrew a autant de charisme qu’un animal mort. Son personnage est un cliché ambulant: archi beau gosse, un brin mystérieux, drôle (enfin selon Camryn). Mais évidemment, il dévoile d’autres facettes de sa personnalité: Monsieur est un dominateur mais c’est aussi un grand sensible voyez-vous… Le coup de grâce: son secret. Je n’ai jamais rien lu d’aussi stéréotypé de ma vie. Non seulement on le voit venir à la moitié du bouquin, mais en plus de ça, c’est d’une originalité incroyable. Quant à Camryn, elle a autant de classe que Nabilla et Zahia réunies (et encore, ce serait les insulter, elles n’ont pas un vocabulaire aussi vulgaire en public au moins). Cette fille n’a rien dans le cerveau. C’est à se demander si elle a un, ou s’il a été absorbé par tant de bêtises. Ian est oublié en trente pages, puisque tout ce qui l’intéresse, c’est sa petite personne. Je ne sais pas vous, mais une fille avec un langage pareil, je ne comprends pas que quiconque puisse trouver ça attirant (ça vaut aussi pour les mecs au final).   

Parlons-en du style de l’auteur. Un vocabulaire plus que pauvre, une syntaxe qui ne rime à rien, et un millions de grossièretés font que le tout est lourd à digérer. Camryn est sans doute la personne qui arrive à caser le plus de vulgarités dans une conversation, et Andrew le lui rend bien. En général, un peu de grossièreté ne me gêne pas. Quand le tout est bien dosé, cela peut même rendre les dialogues plus réalistes. Ici, ça m’a clairement gênée dans ma lecture, et forcément, je n’ai pas adhéré à l’histoire de cul d’amour de nos deux héros. Too bad.  

Il y a un autre point qui m’horripile: d’où sortent-ils l’argent ? Parce qu’évidemment, un road trip, c’est cher, ce n’est pas donné à tout le monde. Il y a l’essence, la voiture, les hôtels, la nourriture, bref ce n’est pas gratuit. Aucun des deux n’a fait d’études, et aucun des deux n’a de travail. Camryn se permet même de cracher sur un job… En temps de crise, c’est très malin. J’ai du mal à cautionner que les parents (j’imagine que ce sont eux derrière la carte bleue) puissent payer pour que leurs enfants fassent un tour en bagnole, et passent leur temps à se lécher le visage (et plus si affinités). Je pense que l’auteur et moi avons une conception de l’éducation bien différente. Au-delà de ça, je ne suis pas certaine d’avoir compris le message derrière ce roman. Peut-être qu’il n’y en avait pas, mais en tout cas, si c’est l’exemple que les jeunes veulent suivre, et bien bon courage… C’est le genre de livre qui me dépite.  

La fin m’a littéralement achevée. J’ai tellement levé les yeux au ciel qu’ils ont fini par rester bloqués dans leur orbite. Je vous épargne les détails plus que ridicules d’un épilogue qui tombe largement dans le pathos et qui clôture ce livre comme il l’avait commencé: dans la vulgarité. C’est juste lamentable pour moi, il n’y a pas d’autre mot pour exprimer mon ressenti.  

Le point positif, c’est que je l’ai acheté en poche et d’occasion. Je n’ai donc contribué à la mort de la littérature qu’à hauteur de la modique somme d’1€99. On est d’accord, c’est déjà trop pour ce que c’est. Shame on me.

En résumé:

Loin de tout, je ne sais pas, mais loin d’être un bon roman, ça c’est clair.

 

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