Category Archives: Epouvante

Docteur Sleep, Stephen King

«Danny Torrance a grandi. Ses démons aussi… Hanté par l’idée qu’il aurait pu hériter des pulsions meurtrières de son père Jack, Dan Torrance n’a jamais pu oublier le cauchemar de l’Hôtel Overlook.
Trente ans plus tard, devenu aide-soignant dans un hospice du New Hampshire, il utilise ses pouvoirs surnaturels pour apaiser les mourants, gagnant ainsi le surnom de «Docteur Sleep», Docteur Sommeil.
La rencontre avec Abra Stone, une gamine douée d’un shining phénoménal, va réveiller les démons de Dan, l’obligeant à se battre pour protéger Abra et sauver son âme…» 
 
Danny Boy a bien grandi. Curieuse de voir l’homme qu’il est devenu, j’ai découvert (sans surprise) un alcoolique. Like father, like son. Dan a clairement une vie misérable, entre alcool et coups d’un soir. Cependant, j’ai aussi découvert un homme qui prend conscience de ses démons intérieurs, et qui décide de changer de vie. J’ai comme l’impression que Stephen King essaye ici de régler une bonne fois pour toute ses problèmes liés à l’alcoolisme. Et il y arrive avec brio pour moi! J’ai adoré le personnage de Dan, qui, hanté par ses remords et par l’ombre de l’Overlook qui plane sans cesse au-dessus de lui, utilise son Don pour s’occuper des mourants. Il réapprend petit à petit à vivre, et à donner aux autres (alors qu’il avait plutôt tendance à voler…). Son quotidien est désormais rythmé par les réunions aux AA, et son travail à l’hospice. Jusqu’à ce qu’Abra entre en contact avec lui. Abra est elle aussi dotée du Don. Mais elle le cache et l’étouffe pour ne pas inquiéter ses parents. Le jour où elle est «témoin» d’un affreux meurtre, elle comprend qu’elle ne peut plus ignorer son Don. Abra, qu’on voit grandir, est une fille intelligente et forte, mais on ne peut s’empêcher de vouloir la protéger, comme on a voulu protéger Dan quand il était petit. La relation qu’elle entretient avec Dan, surnommé affectueusement «Oncle Dan», est très belle. Dan tente de la protéger du mal qui la menace, et Abra lui redonne le sourire. J’ai beaucoup aimé voir le lien qui tisse peu à peu entre eux. Stephen King mise ici sur le côté sentimental, et j’adhère complètement. Vous l’aurez compris, du côté des personnages principaux, je n’ai rien à redire. 
 
Cependant dans l’ensemble j’ai trouvé l’intrigue peu prenante et convaincante. Je n’ai pas retrouvé ce qui me plaisait tant dans les livres de Stephen King : la peur, le surnaturel, l’horreur et j’en passe. Au final, tout ce qui a contribué à la renommée de l’auteur n’était pas vraiment présent. Pas terrible donc pour le livre annoncé comme la suite du magnifique Shining. Le King se ferait-il vieux? Pas si sûr finalement! L’idée du clan Nœud Vrai, un nouveau genre de vampires, qui parcourt le pays à la recherche non pas de sang frais, mais d’un autre goûter (suspense, je ne dirai rien) est originale, je l’avoue. Mais cela n’a pas suffi à me tenir en haleine. Peut-être parce que le début du roman est un peu «flou», on ne sait que peu de choses sur eux, j’ai eu un peu mal à rentrer dans l’intrigue donc. Et pas plus curieuse que ça, en fait. 

Bref, je me rends compte maintenant que j’ai lu ce livre juste pour avoir des nouvelles de mon Danny Boy… C’est peut-être pour ça que je suis passée à côté du reste!   

Le livre alterne les chapitres avec Dan, Abra, et le Nœud Vrai. Si les parties de Danny et Abra ont été mes préférées, celles sur le Nœud Vrai m’ont pas mal ennuyée (vous savez pourquoi maintenant). Heureusement, l’histoire finit quand même par se rejoindre, mais c’est vrai que ça a rendu le tout un peu lourd à digérer. Ajoutez cela à quelques longueurs, j’avoue avoir trainé des pieds pour tourner les pages. Évidemment, j’ai plus qu’adoré les allusions à Shining (Jack et Wendy, l’Overlook, Dick Hallorann etc), qui sont très bien amenées tout au long du roman. Et finalement la solution est là: c’est peut-être Shining que j’aurais dû (re)lire!
 
En résumé:
 
6 ans après le terrifiant Shining, le King tente de nous écrire une suite, maladroite à mon avis. Une déception donc, mais pas de panique: Stephen et moi, ce sera toujours le grand amour. 
 
 
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La rédemption de Tessa, Sylvain Desvaux

«Oubliez les vampires romantiques, invincibles et végétariens, propriétaires de somptueuses maisons victoriennes! Oubliez le dandy de la nuit aux canines pointues, à la cape de velours et à l’âme tourmentée! Découvrez maintenant les soiffards qui s’assument en tant que monstres, hantent les caves des HLM, ne respectent aucun code moral, et font de la mort un jeu. Leurs rêves les hantent à tout jamais. Ils ont bradé leur âme contre la vie éternelle et l’horreur du quotidien. Découvrez Tessa, une fille de la nuit, qui hésite encore à jeter son humanité aux orties. Mais, à la fin de l’histoire, posez-vous une question : le monstre est-il bien celui qui le paraît?»
 
Comment vous dire mon ressenti à propos de cette nouvelle? En un mot? Mortel. 
 
Tessa, baby-sitter, fait irruption chez les Dutilleul pour garder leurs enfants, Sandra et Vincent. Oui mais voilà, Tessa n’est pas tout à fait une baby-sitter ordinaire. Ce n’est pas le genre à raconter des histoires à vos mouflets avant qu’ils s’endorment. C’est plutôt le genre à jouer à la dînette. Sauf que la bouffe, c’est vos enfants.

Tessa est un vampire, mais pas n’importe lequel, puisque c’est elle qui a inventé le «collecteur», un procédé utilisé pour récolter le sang humain. Alors qu’elle pompe gentiment le sang de Sandra, elle est prise de folie, et sa cruauté prend le dessus. Autant vous dire que c’est un carnage.

Qu’est-ce que ça fait plaisir de voir de vrais vampires! Dites adieu aux suceurs de sang niais, avec dix tonnes de gel dans les cheveux, et qui se transforment en boules à facette au moindre rayon de soleil. Place aux tueurs impitoyables. Tessa m’a fait passer par plusieurs émotions : du dégout (le chat de la famille Dutilleul en a pris pour son grade), de la haine (Sandra a passé un sale quart d’heure elle aussi) mais aussi de la tristesse, puisque Tessa est constamment en train de se battre avec son passé. J’ai adoré Mélissa, la copine qui vient à sa rescousse, parce qu’elle est la touche d’humour qu’il fallait au milieu de ce chaos.

Et alors, le summum de l’horreur, c’est la vision de Tessa, qui sans le vouloir, a capté un souvenir de la petite Sandra. Je n’en dirais pas plus pour ne pas gâcher le suspense, mais accrochez-vous. J’en ai eu l’estomac retourné, parce que le monstre n’est pas forcément celui que l’on croit.

C’est noir, c’est violent, c’est glauque, mais étrangement, c’est aussi poétique. Les mots sont bien choisis, tellement «vivants», que j’avais l’impression d’assister à certaines scènes, c’est vous dire.

Je suis conquise vous l’aurez compris. J’avais déjà beaucoup aimé Vienne l’hiver mais surtout j’ai plus qu’adoré Solitude à Crédit. Tellement bouleversant que je n’arrive même pas à écrire mon billet dessus!


En résumé: 
 
La nouvelle est hard core, certes. Mais quel bonheur de voir qu’il existe des auteurs qui ne succombent pas à un effet de mode, et qui brisent les clichés grotesques dont on est constamment entourés. A lire de toute urgence (sauf si vous aimez les chats peut-être…).
 
 
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Cujo, Stephen King

«Cujo est un saint-bernard de cent kilos, le meilleur ami de Brett Camber, un gamin de dix ans. Un jour, Cujo chasse un lapin qui se réfugie dans une sorte de petite grotte souterraine habitée par des chauves-souris. Ce qui va arriver à Cujo et à ceux qui auront le malheur de l’approcher constitue le sujet du roman le plus terrifiant que Stephen King ait jamais écrit. Brett et ses parents, leur voisin Vic Trenton et sa femme Donna –un couple en crise-, Tad, leur petit garçon, en proie depuis des semaines à des terreurs nocturnes : tous vont être précipités dans un véritable typhon d’épouvante, un cauchemar nommé Cujo…»
 
Stephen est probablement l’auteur que j’ai le plus chroniqué sur le blog. Et pourtant, j’ai eu du mal à écrire mon avis sur Cujo. Après moult tentatives, j’ai lâché l’affaire. Et puis non, je suis une warrior/princesse guerrière (et je n’ai pas les chevilles qui enflent…), alors je m’y suis remise! Car le livre m’a bien plu. 
 
Cujo a l’air aux premiers abords d’un gros toutou adorable. Aux premiers abords seulement, parce dès qu’il contracte la rage, on comprend vite le délire. Je ne suis pas entièrement d’accord pour qualifier ce livre de «roman le plus terrifiant», parce que certes, ce roman ce n’est pas «Martine promène son chien au parc», mais quand même. Ce n’est certainement pas le livre de King qui m’a le plus terrifiée, même s’il flirt avec le surnaturel: impossible de savoir s’il y a vraiment un monstre dans le placard de Tad? Moi je dirais oui (j’ouvre les paris s’il y a des intéressés).
 
L’histoire tourne autour de deux familles en crise, les Camber et les Trenton. C’est aussi ça que j’aime bien chez Stephen King. Il n’y a pas que du glauque et de l’hémoglobine en veux-tu en voilà. Les personnages sont bien creusés, leurs problèmes sont tellement banals (la femme qui trompe le mari par exemple) qu’on se sent proche d’eux. L’intrigue met un peu de temps à se mettre en place, mais quand les personnages vous plaisent, on s’en rend à peine compte. 
 
J’avoue quand même avoir eu (très légèrement) peur. Je m’explique. Cujo, qui vient de faire de deux types son repas, décide de s’attaquer à Donna et Tad, pris au piège dans leur voiture. Et là, je dois dire que les passages qui les concernent m’ont fait flipper. Omg, imaginez le topo. Vous êtes coincée dans votre vieille voiture qui refuse de démarrer (votre garagiste vient de se faire massacrer, by the way), avec votre petit garçon (trop cute, évidemment). Et un énorme saint-bernard enragé, qui veut vous bouffer, attend patiemment que le soleil et la chaleur vous rôtissent. Sympa le barbecue… On ne peut que se douter que la fin sera sanglante et tragique. Et elle l’est! A chaque fois, j’ai espoir, et à chaque fois, je me fais avoir!
 
Le vrai plus de ce roman, c’est que Stephen King nous livre les pensées de Cujo. C’est assez inhabituel puisque c’est un animal. Mais j’ai trouvé ça original. On comprend que Cujo a un bon fond, il n’a pas vraiment envie de faire du mal aux hommes, mais la rage le rend complètement marteau, c’est plus fort que lui. 
 
En résumé :
 
Ma chronique est pourrie, je ne comprend pas pourquoi je rame autant pour l’écrire! Mais lisez-le si vous pouvez, il est cool!
 
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Misery, Stephen King

«Misery, c’est le nom de l’héroïne populaire qui a rapporté des millions de dollars au romancier Paul Sheldon. Après quoi il en a eu assez et il a fait mourir Misery pour écrire enfin le « vrai » roman dont il rêvait. Mais il suffit de quelques verres de trop et d’une route enneigée, dans un coin perdu, pour que tout bascule… Lorsqu’il reprend conscience, Paul est allongé sur un lit, les jambes broyées dans l’accident. Sauvé par une femme, Annie. Une admiratrice fervente. Qui ne lui pardonne pas d’avoir tué Misery. Et le supplice va commencer.» 

Qui ne rêverait pas d’avoir son écrivain préféré rien que pour soi (la séquestration et la torture en moins, of course) ? Vous en rêvez, Annie Wilkes l’a fait. A la suite d’un accident de voiture, Paul Sheldon, écrivain reconnu, est recueilli par Annie Wilkes, son admiratrice number one et qui va jouer les infirmières pour lui (et pas le style d’infirmière qu’on aimerait jouer avec Damon Salvatore…). Annie découvre alors le nouveau manuscrit des aventures de Misery, son héroïne préférée, et l’accueille très mal: et oui Misery tire enfin sa révérence ! Annie demande alors à Paul de réécrire l’histoire. Et le cauchemar commence ! Séquestré, torturé (mention spécial pour le pied en moins), accro aux médocs, Paul va vivre un véritable enfer ! Heureusement, les flics mènent l’enquête, et tentent de savoir ce qu’il est advenu du célèbre écrivain. Bon, l’un d’eux a fini en charpie (Annie prend un malin plaisir à le réduire en bouilli, yummy) donc clairement, il n’a pas eu de chance celui là. En parallèle, on suit l’histoire réécrite de Misery, tapée à la machine à écrire. J’ai trouvé ça agréable, ça nous laisse des moments de répit (et il en faut), et en même temps, on suit Paul dans sa création littéraire.

Annie, mais quelle psychopathe celle là. Je crois que je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi dingue. Elle change d’humeur en deux secondes, se met dans des colères incroyables. Tueuse sans pitié, maniaco-dépressive, on apprend qu’elle n’en est pas à son premier coup d’essai niveau meurtres. Bref, un personnage dangereux, dont le comportement va crescendo dans la folie. Et Paul, qui essaye de jouer avec ses sautes d’humeur, de la manipuler, il aurait mieux fait de s’abstenir, vu ce qu’Annie lui réserve!

 
Quant au dénouement, glauque, sanglant à souhait (tout ce que j’aime). Du pur génie je vous dis! Avec seulement deux personnages (ou presque), et juste une maison pour principal lieu de déroulement du récit, Stephen King fait très fort. On est tenu en haleine jusqu’au bout.
 
En résumé :
 
Un excellent thriller psychologique! A la fois brillant et terrifiant ! L’ambiance huis clos rajoute pas mal de tension, on se sent prisonnier avec Paul. Comme quoi, pas besoin de fantastique, de monstres surnaturels pour faire peur.
 
Petit aparté pour dire que Kathy Bates est juste amazing dans le film de Rob Reiner, elle a quand même reçu l’Oscar de la Meilleure Actrice pour son rôle d’Annie Wilkes, rien que ça!
 
 
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