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Les Quatre Filles du Dr. March, Louisa May Alcott

jw_smith_pix_bookcover« Lorsque le docteur March doit quitter sa famille pendant la guerre de Sécession, sa femme et ses quatre filles doivent apprendre à vivre seules. Et avec des caractères aussi différents que ceux de Jo, un vrai garçon manqué, Meg, qui rêve de trouver un bon mari, Beth, souvent en retrait, et Amy, une petite peste, la maison promet d’être particulièrement animée… »

J’ai lu ce livre il y a tellement longtemps. Je crois même que c’était l’un de mes premiers livres lus en solo. En bref, j’en conservais un bon souvenir, bien que flou.

En pleine Guerre de Sécession, les sœurs Meg, Jo, Amy et Beth attendent patiemment le retour de leur père, parti au front comme médecin. Autrefois aisée, la famille fait face aujourd’hui à quelques difficultés financières, mais conserve bien évidemment ses valeurs.

Chaque chapitre a sa petite morale et met en avant des valeurs comme la famille, l’amour de son prochain, etc. Ambiance Petite Maison dans la Prairie garantie. Je me moque mais c’est vrai que j’ai trouvé le côté moralisateur un peu lourd des fois, et pas forcément très subtile. C’était peut-être le but, mais j’aime bien quand la morale est cachée, et qu’il faut prendre le temps de réfléchir à sa lecture. Personnellement je trouve ça plus intéressant, mais chacun ses goûts! Etant donné que le roman relate le quotidien de la famille March, il ne passe pas grand-chose de spectaculaire. Peu d’actions donc, mais les personnages ont donc la part belle!

Et justement, j’ai adoré les personnages! C’est peut-être là la force du roman. Les quatre sœurs ont un caractère si différent. L’aînée, Meg, est la romantique du groupe, ensuite vient Jo la rebelle, puis Beth la dévouée, et enfin Amy la capricieuse. Jo est ma préférée! Féministe dans l’âme, elle rêve d’une société où les femmes seraient indépendantes et partiraient faire la guerre. Elle a beau être un garçon manqué, elle est spontanée et fraîche, et très touchante. Laurie arrive deuxième dauphine après Jo. Laurie est le petit voisin, élevé par son grand-père. Je le trouve adorable et j’adore sa relation avec Jo! Par contre, Amy m’a horripilée au plus haut point! Elle est parfaite dans le rôle de la pré-ado insupportable qui casse les pieds de tout le monde.

Le style de l’auteure est fluide et très facile à lire. Mais j’ai trouvé la construction du roman assez bancale : les chapitres ne semblent avoir aucun lien entre eux. Et c’est typiquement le genre de chose qui me gêne, de ne pas trouver une certaine continuité dans le roman.

Je précise que le titre en VO est tellement mieux que celui qu’on nous sert en français : Little Women. La traduction française nous prouve une fois de plus qu’il est possible de ruiner un joli titre.

En résumé:

Les Quatre Filles du Dr March reste un classique américain du 19ème siècle à lire et à apprécier.

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Phèdre, Racine

Vous me connaissez, j’en fais toujours des tonnes. J’adore ça même. Alors les tragédies grecques, c’est forcément fait pour moi!
 
Pour ceux qui ne connaissent pas, Phèdre est mariée à Thésée, roi d’Athènes. Thésée a un fils, Hippolyte, de son union avec Antiope. Ce qui fait que Phèdre est la belle-mère d’Hippolyte (bravo j’ai bien suivi). Pas de chance pour tout ce petit monde, Phèdre craque pour Hippolyte. Akward. Je sais, c’est limite incestueux. Et comme si ce n’était pas assez compliqué comme ça, Hippolyte ne partage pas son amour (tiens donc, c’est étonnant) et lui préfère Aricie, qui appartient au clan ennemi. Il s’en passe des choses à cette époque!
 
Phèdre est passionnée et ça se ressent dans ses discours. La fameuse tirade où elle avoue son amour pour Hippolyte est magique.
 
Voyez donc:
 
«Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps et transir et brûler.» (I, 3)
 
Il n’en faut pas plus pour toucher mon petit cœur, qui fond comme de la guimauve quand je lis une tirade pareil! Phèdre s’enflamme à la simple vue de son cher et tendre. Mais on la sent aussi torturée, elle a l’air de vivre un véritable calvaire. Et je compatis tellement. Je lui pardonne même d’avoir calomnié, menti, trahi. Parce qu’il faut l’avouer, elle perd la tête. Je dirais même qu’elle craque bien son slip à la fin. Comme le dit Racine lui même: «Phèdre n’est ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente.». Elle passe de la lucidité à la folie, de la violence aux remords, le tout en un quart de seconde. Sa passion la dévore, sa culpabilité la détruit.
 
Je tiens vraiment à dire à quel point j’ai aimé cette tragédie. J’y ai rencontré une Phèdre humaine. Évidemment, vous savez que je ne cautionne pas les nanas qui se jettent aux pieds du premier venu (Bella si tu me lis…), mais avec Phèdre c’est différent. Je crois qu’on est toutes plus ou moins passées par là (bon, pas forcément avec votre beau-fils hein). Mais c’est ce qui fait que j’ai compati à son malheur. Elle est juste humaine. Vous l’aurez sûrement remarqué, mais je ne parle que de Phèdre. Tout simplement parce que les autres m’ont un peu laissés de marbre. Hippolyte me fait penser à un trouillard, et Thésée s’est pris pour le Dom Juan de service.
 
La pièce est découpée en cinq actes, et tout est minutieusement calculé. A chaque acte correspond une étape dans la passion de Phèdre, dont la dernière, qui l’amène fatalement à la mort. Les vers sont magnifiques, c’est de la pure poésie. Là encore, je vous laisse juger:

«C’est peu de t’avoir fui, cruel, je t’ai chassé .
J’ai voulu te paraître odieuse, inhumaine,
Pour mieux te résister, j’ai recherché ta haine.
De quoi m’ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins.» (II, 5)
 
Sérieusement, mon cœur s’emballe quand je lis ça.

En résumé :
 
Racine, Gossip Girl t’a tout piqué. De la passion, de la violence, des mensonges, et j’en passe. J’adore les histoires de starcrossed lovers, quand ça finit dans les larmes et le sang. Je suis servie et j’en redemande!
 
 Alexandre Cabanel, Phèdre (1880)
 
 
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